Le meurtre tragique d’un imam au sein d’une mosquée de la commune d’Amhaïer, dans la province de Driouch, alors qu’il dirigeait la prière de l’aube, a relancé le débat sur la situation de la santé mentale au Maroc et sur la capacité des politiques publiques à assurer une prise en charge adéquate des personnes souffrant de troubles psychiatriques.
Ce drame, qui a profondément bouleversé l’opinion publique locale, met en lumière des dysfonctionnements persistants. De nombreux observateurs pointent la faiblesse des infrastructures spécialisées et l’absence d’un dispositif structuré garantissant à la fois la dignité des patients et la sécurité des citoyens. La pénurie de cliniques psychiatriques, le manque de personnel médical qualifié et l’errance de malades sans suivi thérapeutique approprié dans l’espace public alimentent les inquiétudes.
Dans une déclaration à Belpresse, Mohamed Kimawi, président des associations de protection du consommateur, a estimé que la situation exige une réaction urgente des pouvoirs publics. Selon lui, la responsabilité du ministère de la Santé est engagée face à la répétition de crimes impliquant des individus souffrant de troubles mentaux qui auraient dû bénéficier d’un encadrement médical dans des structures adaptées.
Il souligne également le sentiment d’insécurité croissant au sein de la population, lié à la présence de personnes atteintes de troubles psychiatriques dans des espaces perçus comme sûrs, tels que les quartiers résidentiels ou les lieux de culte. À cela s’ajoute la problématique des « déserts médicaux », certaines régions ne disposant que d’une seule structure psychiatrique, largement insuffisante au regard des besoins.
Au-delà du déficit en nombre d’établissements, Mohamed Kimawi évoque aussi les conditions d’accueil au sein de certaines structures existantes, signalant des cas d’agressions entre patients, révélateurs d’un encadrement inadapté et d’un manque de moyens.
Pour lui, la protection des citoyens relève d’une mission régalienne. Il appelle à une refonte globale de la gestion du secteur de la santé mentale, à travers le renforcement des infrastructures, l’amélioration des conditions de prise en charge et la mise en place d’un équilibre entre le droit aux soins des patients et l’impératif de sécurité publique. Selon lui, le Maroc fait aujourd’hui face à un défi humanitaire et sécuritaire majeur qui nécessite une intervention urgente et structurée.






