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Le revers diplomatique d’Alger à Madrid : La fin de l’illusion séparatiste ?

En marge de la réunion diplomatique tenue à Madrid, la capitale espagnole, la scène régionale a été le témoin d’un tournant qualitatif dans le dossier du Sahara marocain. Cette rencontre a réuni les parties concernées sous l’égide directe des États-Unis et en présence des Nations Unies, une étape considérée par les observateurs comme un véritable test de la sincérité des acteurs régionaux et internationaux à parvenir à une solution politique durable.

Cette réunion intervient dans un contexte de mutations diplomatiques manifestes, notamment en ce qui concerne la position de l’Algérie vis-à-vis des négociations sur l’autonomie, et les répercussions qui en découlent sur la situation du front séparatiste ainsi que sur le processus de règlement parrainé par l’ONU depuis des décennies.

Une lecture analytique des acquis stratégiques

Dans ce contexte, l’expert en relations internationales Ahmed Noureddine a livré une analyse approfondie de la rencontre de Madrid pour le site Belpresse. Il souligne que cet événement reflète plusieurs acquis stratégiques pour le Maroc :

L’implication de l’Algérie : Après des années de refus, l’acceptation de l’Algérie de s’asseoir à la table des négociations constitue, en soi, une reconnaissance implicite de la souveraineté marocaine sur le Sahara.

Le recul du discours séparatiste : Alors que les déclarations du président Abdelmadjid Tebboune et de son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, qualifiaient les négociations sur l’autonomie de « chimère », la présence officielle de l’Algérie à ce tour indique, selon l’expert, l’échec de son projet séparatiste soutenu pendant un demi-siècle.

Marginalisation du front séparatiste

L’analyse d’Ahmed Noureddine précise que la réunion a révélé la véritable nature du conflit : un différend maroco-algérien. Sur la forme, le ministre espagnol des Affaires étrangères a reçu les représentants de l’Algérie, de la Mauritanie, du Maroc et l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, tout en ignorant les représentants du front séparatiste. Cela confirme la perte de statut international de ce dernier, désormais réduit à un simple outil de l’agenda algérien.

Le leadership américain et le calendrier de l’autonomie

L’expert souligne un troisième changement majeur : le rôle de l’ONU semble s’effacer au profit d’un leadership américain dans les discussions. Ce pivot renforce la position marocaine et ouvre la voie à des étapes concrètes pour traduire la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc en résultats tangibles sur le terrain.

Parmi les conclusions de Madrid, on note l’obligation faite à l’Algérie de participer à une commission technique d’experts. Cette commission est chargée d’étudier les mécanismes juridiques et pratiques pour l’application de l’autonomie sous souveraineté marocaine, conformément à la proposition du Royaume, sans aucun amendement.

« C’est une victoire diplomatique du Maroc sur l’Algérie, qui s’est pliée à la volonté de Washington malgré son refus constant des médiations arabes et des initiatives marocaines », affirme Noureddine.

Vers un dénouement en 2026 ?

Les États-Unis ont fixé un calendrier précis pour cette commission technique : début des travaux en mars pour une présentation des résultats en avril ou mai 2026. Cette célérité traduit une volonté américaine de clore le dossier avant l’échéance annuelle du Conseil de sécurité sur le Sahara en octobre.

En conclusion, Ahmed Noureddine estime que le Maroc se trouve devant une opportunité historique pour réorganiser ses cartes, y compris en poussant vers la fin de la mission de la MINURSO. Il considère que la raison d’être de cette mission s’est éteinte avec la reconnaissance effective de la souveraineté marocaine, dans un contexte où l’ONU fait face à des contraintes financières.

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