En marge des actes de violence et de vandalisme survenus au Complexe Sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, est intervenu sur le dossier des supporters sénégalais interpellés. Ce dernier a estimé qu’une grâce royale en faveur des condamnés constituerait « la meilleure solution » pour clore ce chapitre.
S’exprimant lors d’une séance de questions orales à l’Assemblée nationale à Dakar, M. Sonko a exprimé ses regrets face à l’ampleur prise par les événements, soulignant que l’affaire a désormais « dépassé son cadre purement sportif » pour revêtir des dimensions politiques et diplomatiques. Il a rappelé que la profondeur des relations d’amitié et de coopération entre le Maroc et le Sénégal aurait dû, en principe, prémunir les deux pays contre un tel niveau de tension.
Le responsable sénégalais a assuré que son gouvernement suivait de près la situation, précisant que l’option de la grâce demeure l’issue humanitaire et juridique privilégiée. À défaut, le Premier ministre a indiqué que Dakar envisagerait l’activation des conventions d’échange de prisonniers et de transfèrement des condamnés en vigueur entre les deux pays, permettant ainsi aux supporters de purger leur peine sur le sol national, conformément aux cadres légaux.
Par ailleurs, Ousmane Sonko a annoncé que son gouvernement s’apprête à débloquer un soutien social et des aides directes aux familles des dix-huit supporters détenus, afin d’atténuer l’impact social de cette affaire.
Pour rappel, le Tribunal de première instance de Rabat a prononcé, jeudi dernier, des peines allant de trois mois à un an de prison ferme à l’encontre de 18 supporters sénégalais. Ces derniers ont été reconnus coupables d’actes de violence contre les forces de l’ordre, de dégradation d’équipements sportifs, d’invasion de terrain et de jets de projectiles durant la finale.
Ces développements remettent au premier plan la question de la gestion du hooliganisme lors des grands événements sportifs. Ils mettent également à l’épreuve les relations maroco-sénégalaises, bien que les deux parties réitèrent leur volonté de préserver leurs liens historiques et de privilégier le dialogue pour résoudre ce différend conjoncturel.






