Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a annoncé le lancement d’un programme de protestation comprenant des sit-in au sein des entreprises médiatiques, un arrêt temporaire du travail ainsi qu’une manifestation centrale à Rabat. Cette mobilisation intervient en réaction au retard persistant dans le versement des salaires du mois de janvier, ainsi qu’aux modalités du soutien financier accordé au secteur.
Dans un communiqué, le syndicat a imputé aux entreprises de presse l’entière responsabilité du paiement des salaires des journalistes et des professionnels du secteur, les appelant à fournir des explications urgentes et à prendre les mesures nécessaires pour remédier à ces dysfonctionnements récurrents. Selon le SNPM, ces retards se répètent depuis la mise en place du système de soutien exceptionnel durant la pandémie de Covid-19, révélant une gestion jugée peu structurée du dossier du soutien public à la presse.
Le syndicat souligne que les professionnels du secteur entament leur cinquième année consécutive à percevoir leurs rémunérations par le biais du fonds de soutien, un mécanisme présenté comme transitoire mais qui s’est installé dans la durée. Cette situation serait, selon la même source, le résultat de l’absence d’une vision claire et d’une véritable approche participative permettant le déblocage régulier du soutien au profit des entreprises, afin qu’elles puissent assumer pleinement leurs obligations salariales.
Face à cette situation, le SNPM annonce un relèvement du niveau de ses revendications, appelant à une réforme en profondeur du système de soutien à la presse. Le syndicat insiste notamment sur la nécessité d’une représentation effective des professionnels au sein de la commission chargée du soutien, afin de garantir neutralité et transparence, ainsi que sur la finalisation de la convention collective du secteur en tant que condition préalable à l’octroi de toute aide publique. Il plaide également pour une révision de l’enveloppe budgétaire allouée au soutien, dans l’objectif d’assurer une répartition plus équitable entre les entreprises bénéficiaires.
Tout en réaffirmant son attachement au dialogue responsable, le syndicat déplore l’absence de réponses concrètes à ses multiples interpellations adressées aux parties concernées. Cette situation l’a conduit, précise-t-il, à recourir à des formes de protestation légales et encadrées afin d’alerter sur la gravité de la conjoncture actuelle.
Le programme de protestation prévoit l’organisation de sit-in et le port du brassard noir au sein des rédactions, un arrêt temporaire du travail, ainsi qu’une manifestation centrale à Rabat, dont les modalités seront communiquées ultérieurement.
Cette escalade intervient dans un contexte de préoccupations croissantes quant aux répercussions du retard récurrent des salaires sur la stabilité financière et sociale des journalistes et des travailleurs du secteur. Les milieux médiatiques restent dans l’attente des réactions des autorités compétentes et des entreprises de presse, alors que la contestation apparaît comme une option désormais inévitable en l’absence de solutions durables.






