Les quatre premiers jours du mois de Ramadan n’ont pas suffi à apaiser la vague de cherté qui pèse sur les ménages marocains. Les prix de plusieurs produits de base restent à des niveaux élevés dans les souks hebdomadaires et les points de vente au détail, alimentant des interrogations croissantes sur l’efficacité des mesures de régulation du marché durant cette période de pic de consommation.
Lors d’une tournée dans plusieurs marchés, il a été constaté que les prix de la viande rouge stagnent entre 110 et 120 dirhams le kilogramme dans plusieurs villes, malgré les mesures précédemment annoncées par le gouvernement, qu’il s’agisse de l’ouverture des importations ou du soutien aux professionnels. Des citoyens affirment que ces tarifs rendent la viande inaccessible pour de larges franges de la population, particulièrement les ménages à revenus limités qui peinent à concilier les exigences du mois sacré et leurs moyens disponibles.
Le poisson, très prisé durant le Ramadan, enregistre lui aussi des prix élevés, touchant même les variétés les plus consommées (sardines et anchois), ce qui renforce le sentiment d’un déséquilibre entre l’offre et la demande chez les consommateurs.
Les professionnels lient cette situation aux coûts du transport, de la distribution et à la multiplication des intermédiaires, tandis que les consommateurs estiment que les mécanismes de contrôle n’ont pas encore réussi à freiner la spéculation.
Il est à rappeler que le gouvernement, présidé par Aziz Akhannouch, avait pourtant assuré, avant le début du Ramadan, la mobilisation de commissions mixtes pour surveiller les prix et lutter contre le monopole. Cependant, la persistance des plaintes concernant l’écart des prix entre les marchés place ces mesures sous la loupe de l’opinion publique, faute d’un impact concret sur le pouvoir d’achat.
Sur les réseaux sociaux, l’indignation face à la cherté de la vie se poursuit, les citoyens exprimant leur mécontentement devant le fossé séparant les déclarations officielles de la réalité quotidienne des marchés. Des observateurs estiment que la gestion de cette période nécessite des mesures plus fermes, comme le durcissement des sanctions contre les spéculateurs ou le renforcement de la transparence dans les circuits de distribution.
Alors que le Ramadan entame son quatrième jour, le défi reste entier pour les autorités compétentes : prendre des mesures efficaces pour garantir la stabilité des prix et protéger le consommateur, afin que ce mois se déroule dans la sérénité plutôt que dans l’inquiétude liée aux dépenses du quotidien.






