Le dossier de l’heure d’été appliquée toute l’année au Maroc revient au centre du débat public après une nouvelle initiative parlementaire menée par Aicha El Kot, membre du groupe parlementaire du Parti de la Justice et du Développement. Elle a appelé le gouvernement à réexaminer ce système, au moins durant la période hivernale, évoquant ses effets préoccupants sur la santé et le bien-être quotidien des citoyens.
La députée a relancé ce dossier controversé à travers une question orale adressée à la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration. Elle y souligne que plusieurs rapports et études récentes dont une note analytique publiée par le Centre africain des études stratégiques et de la numérisation indiquent que le maintien de l’heure GMT+1 tout au long de l’année a provoqué un état de perturbation durable pour de larges catégories de Marocains.
Selon la parlementaire, l’écart entre l’heure légale et l’heure solaire, particulièrement durant l’hiver, ne se limite pas à un débat théorique ou technique. Il se répercute directement sur la vie quotidienne des citoyens, provoquant des déséquilibres biologiques affectant la qualité du sommeil, la concentration et l’équilibre quotidien. Cette situation placerait ainsi de nombreux élèves, travailleurs et fonctionnaires sous une pression constante dès les premières heures de la matinée.
Elle a également souligné que cette situation est aggravée par le fait que des milliers d’élèves et de travailleurs sont contraints de se déplacer dans l’obscurité matinale, ce qui s’accompagne de risques sécuritaires et sanitaires accrus. Or, les politiques publiques devraient, selon elle, améliorer les conditions de vie quotidienne et alléger les contraintes liées aux horaires scolaires et professionnels, plutôt que les accentuer.
La députée estime par ailleurs que les justifications économiques et énergétiques avancées lors de l’adoption de ce système ont perdu une grande partie de leur force persuasive, notamment à la lumière des transformations mondiales liées à la numérisation et à l’intelligence artificielle. Celles-ci auraient, selon elle, réduit l’importance d’une synchronisation stricte avec les partenaires européens, ouvrant la voie à une réévaluation de ce choix à partir de critères sociaux et sanitaires.
Elle a ainsi demandé au gouvernement de clarifier les mesures envisagées pour revoir le système horaire actuel, à la lumière des données scientifiques et sociales qu’elle qualifie d’inquiétantes. Elle a également soulevé une autre question importante concernant le sort des études d’évaluation réalisées depuis 2018, ainsi que la volonté du gouvernement de publier leurs résultats et d’ouvrir un débat public transparent et responsable à ce sujet.
Le retour de ce dossier au Parlement montre que l’heure supplémentaire demeure l’une des décisions publiques les plus controversées au sein de la société, étant passée d’un simple choix administratif à une contrainte quotidienne affectant la vie, le travail et les études.
Face à la montée des appels à sa révision, le gouvernement se retrouve désormais sous une pression croissante pour justifier le maintien de ce système ou envisager une correction attendue par de nombreux Marocains à chaque hiver






