À l’approche de l’Aïd el-Fitr, les marchés marocains enregistrent une nouvelle vague de hausse des prix des fruits et légumes. Cette situation ravive les inquiétudes liées au pouvoir d’achat, dans l’une des périodes de consommation les plus intenses de l’année.
Traditionnellement marqués par une forte affluence, les derniers jours du Ramadan voient les familles s’activer pour préparer les festivités de l’Aïd. Cette année, cependant, de nombreux consommateurs font face à des augmentations sensibles sur plusieurs produits de base, alimentant un mécontentement croissant, en particulier parmi les classes moyennes et les ménages à revenus limités.
Au marché de gros d’Inzgane, considéré comme un indicateur clé des tendances nationales, les prix affichent des hausses significatives. L’oignon figure parmi les produits les plus touchés, atteignant des niveaux élevés qui se répercutent directement sur le consommateur final en pleine période de forte demande. La tomate et d’autres légumes suivent la même trajectoire. Entre les tarifs pratiqués au marché de gros et ceux appliqués au détail, les écarts se creusent sous l’effet des coûts de transport et des marges successives. Les fruits, particulièrement prisés pour les célébrations de l’Aïd, connaissent également une envolée, devenant difficilement accessibles pour une large frange de la population.
Selon plusieurs professionnels du secteur, cette hausse ne s’explique ni par un manque de production ni par des conditions agricoles défavorables. La multiplication des intermédiaires au sein des circuits de distribution est régulièrement pointée du doigt. Les marchandises changeraient de mains à plusieurs reprises avant d’atteindre les étals, chaque transaction intégrant une marge supplémentaire. Certaines pratiques, assimilées à de la spéculation, contribueraient à accentuer la pression sur les prix. Dans ce contexte, les agriculteurs demeurent souvent contraints de vendre à des tarifs modestes, tandis que le consommateur supporte le poids des augmentations.
Les perspectives pour les jours à venir suscitent également des inquiétudes. La récente hausse des prix des carburants risque d’alourdir davantage les coûts de transport, avec un impact mécanique sur les produits frais. Face à cette situation, les appels à une intervention des autorités se multiplient afin de renforcer les contrôles dans les marchés de gros, encadrer les circuits de distribution et protéger le pouvoir d’achat des citoyens à la veille de la fête.






