Par le Pr. Eng. Ahmed BOUTAMO, PhD.
Conseiller Indépendant du Président de la République française, SEM Emmanuel MACRON.
Gaza est au cœur du dossier. Reconstruction gouvernance transitoire sécurité. Mais au-delà des annonces, cette rencontre va surtout dire une chose simple. Est-ce que ce cadre peut produire du concret, rapidement, et de manière crédible.
Cette première réunion est un test. Elle doit clarifier l’ordre du jour, la méthode de travail, la gouvernance interne et surtout la manière dont les engagements seront suivis. Le monde n’a plus besoin de déclarations. Il a besoin de mécanismes, de calendrier, de responsabilités et de résultats vérifiables.
Des promesses financières sont évoquées, autour de cinq milliards de dollars. Mais les questions essentielles restent ouvertes. Qui finance exactement. Qui ne finance pas. Quand l’argent sera réellement débloqué. Avec quelles garanties de transparence. Et avec quels outils pour éviter les dérives, les détournements ou les blocages politiques.
La composition du tour de table montre déjà la complexité du moment. Plusieurs pays sont attendus. Certains partenaires occidentaux choisissent une présence prudente. D’autres affichent une position nette. Tout cela confirme que le sujet n’est pas seulement Gaza. C’est aussi la légitimité du cadre, sa relation avec l’ONU, et la capacité à embarquer tout le monde autour d’une approche stable.
Dans ce contexte, le Maroc a une carte singulière. Une crédibilité de médiation. Une doctrine constante fondée sur le dialogue, l’équilibre et la paix. Et surtout une capacité rare à contribuer à une coordination utile entre partenaires arabes et islamiques, sans surenchère, avec une ligne pragmatique. Un cessez le feu durable. Un horizon politique crédible. Une reconstruction traçable, au service des populations.
Ce que le Maroc peut apporter, c’est la culture du concret. Une diplomatie qui transforme les symboles en mécanismes. Une exigence de gouvernance claire. Des priorités humaines et mesurables. Logement santé eau énergie écoles. Et une vision de stabilisation qui ne sacrifie ni la justice, ni la sécurité, ni la dignité.
Tout va se jouer sur quelques points très sensibles. La place des cadres multilatéraux. La représentativité palestinienne. La transparence des financements. Si Washington sort avec une feuille de route solide, ce Board pourrait devenir un levier de coordination. Sinon, il risque de nourrir la controverse et de ralentir la mobilisation internationale.
Une chose est certaine. La paix ne se décrète pas. Elle se construit. Avec de la lucidité, du courage politique, et des décisions qui protègent les civils, restaurent l’espoir et ouvrent une solution durable.






