À une heure et demie seulement de la clôture du dépôt des candidatures à la succession d’Aziz Akhannouch, un silence lourd et inhabituel enveloppe ce dossier au sein du Rassemblement national des indépendants (RNI). Aucune communication officielle, aucune clarification, laissant le champ libre aux spéculations et aux lectures contradictoires.
Selon une source partisane contactée ce matin par Belpresse, le dirigeant Mohamed Oujar serait sur le point de déposer son dossier de candidature, en dépit de l’absence de consensus autour de son nom au sein du bureau politique. Une éventualité qui, si elle se confirme, ne manquerait pas de rebattre les cartes à l’intérieur du « parti de la Colombe », déjà traversé par des équilibres internes sensibles.
Toujours selon la même source, l’absence remarquée de Mohamed Oujar, la veille, lors de la cérémonie de présentation de l’ouvrage « Parcours des réalisations » par Aziz Akhannouch et Mustapha Baitas, en présence de la majorité des figures influentes du parti, n’a pas manqué d’alimenter les interrogations. Ce choix serait interprété par certains comme un signal politique adressé aux dirigeants opposés à sa candidature, non pas pour des considérations constitutionnelles, mais pour des raisons strictement politiques.
Dans ce climat d’incertitude, le mutisme de la commission préparatoire du congrès extraordinaire suscite de vives critiques. Ce silence, perçu comme une entorse au droit à l’information, a favorisé la prolifération des rumeurs autour des noms pressentis pour la succession. En s’abstenant de confirmer ou de démentir les informations en circulation, la commission alimente un flou préjudiciable à la crédibilité du processus.
Cette séquence met en lumière une fragilité persistante de la communication institutionnelle au sein des formations politiques marocaines. Or, dans une dynamique démocratique assumée, la transparence et l’accès à l’information ne relèvent pas de l’accessoire, mais constituent des piliers essentiels de la vie partisane. Faute de parole officielle, ce sont les conjectures qui s’imposent, rappelant une vérité bien connue : lorsque les institutions se taisent, les rumeurs prennent le relais.






