Par Pr. Dr-Eng. Ahmed BOUTAMO, PhD.
Conseiller indépendant du Président de la République française.
La récente déclaration européenne sur le Sahara, formulée à Bruxelles lors du Conseil d’Association Maroc UE, constitue bien plus qu’un ajustement sémantique. Elle marque une inflexion politique assumée, alignée sur la dernière résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, consacrant l’initiative marocaine d’autonomie comme socle crédible de règlement.
Pendant plusieurs années, l’Union européenne s’était réfugiée derrière une posture prudente, parfois qualifiée de neutralité juridique. Or, cette position devenait de plus en plus difficile à soutenir face à l’évolution du contexte régional, à la dégradation sécuritaire au Sahel et au rôle stabilisateur du Maroc.
Ce basculement n’est pas soudain. Depuis 2019, les relations Maroc UE ont connu des phases de tension, mais aussi une maturation stratégique. Rabat a progressivement déplacé le débat, du terrain émotionnel vers celui des intérêts partagés. Sécurité, coopération judiciaire, lutte contre le terrorisme, gestion migratoire, développement africain… le partenariat s’est densifié.
Le message marocain est resté constant, l’Europe a tout à gagner à considérer le Royaume comme un allié stratégique à part entière, et non comme un simple voisin du Sud. En reconnaissant le cadre onusien actualisé, Bruxelles acte une réalité géopolitique, la stabilité du Maghreb et du flanc sud européen passe par un Maroc fort, crédible et souverain.
Cette évolution pourrait redessiner les équilibres euro-méditerranéens dans les années à venir, en renforçant l’axe Rabat Bruxelles sur des bases plus claires et plus assumées.






