Des acteurs syndicaux et politiques tirent la sonnette d’alarme autour du projet de loi n° 26.25, portant réorganisation du Conseil national de la presse. Selon eux, le texte, dans sa version actuelle, soulève de sérieuses questions constitutionnelles et menace le principe fondamental d’autorégulation de la profession, dans un contexte marqué par la fermeture de tout véritable débat institutionnel.
Abdelkebir Khchichine, président du Syndicat national de la presse marocaine, a souligné que les rencontres organisées avec des instances professionnelles, des organisations de défense des droits et plusieurs partis de l’opposition ont été « fructueuses ». Ces échanges ont permis de dégager un consensus : saisir la Cour constitutionnelle afin de vérifier la conformité du projet avec la Constitution.
Dans une déclaration accordée à Belpresse, Khchichine a affirmé que le syndicat considère ce texte « anticonstitutionnel ». Pour lui, l’enjeu central reste désormais l’arbitrage du judiciaire constitutionnel pour trancher ce débat crucial pour l’avenir de la profession.
Le président du syndicat a précisé que l’absence de dialogue officiel avec les composantes de la majorité gouvernementale ne signifie pas une rupture totale. Plusieurs parlementaires et conseillers de la majorité, rencontrés par le syndicat, ont exprimé leur désaccord avec le contenu du projet, tout en admettant leur incapacité à influencer son parcours législatif, en raison du contrôle exercé par la direction de la majorité sur la décision finale.
L’examen du projet au sein de la Chambre des Conseillers a renforcé les inquiétudes des syndicats. Aucun amendement proposé par les groupes de l’opposition pour améliorer le texte n’a été retenu, un signe, selon Khchichine, du manque de volonté politique d’ouvrir un débat sérieux et responsable sur une loi qui conditionne l’avenir et l’indépendance de la presse marocaine.
S’agissant des mesures de mobilisation, le syndicat n’exclut pas le boycott des élections liées au Conseil national de la presse. « Toutes les options restent ouvertes », a affirmé Khchichine, précisant que le Conseil national du syndicat dispose de la légitimité nécessaire pour prendre une telle décision si le projet était adopté sans tenir compte des revendications constitutionnelles et professionnelles.
En conclusion, Abdelkebir Khchichine a insisté sur la saisine de la Cour constitutionnelle comme voie essentielle pour garantir le respect de la Constitution et préserver le principe d’autorégulation de la profession. Il a appelé l’ensemble des acteurs concernés à assumer leur responsabilité historique dans la défense de la liberté de la presse et de l’indépendance de ses institutions.






