Mohamed Ould Errachid, président de la Chambre des conseillers, a clos la première session de la cinquième année législative (2025-2026) par une allocution dense et structurée, dressant le bilan des travaux parlementaires dans un contexte qu’il a qualifié de « constitutionnel et institutionnel délicat ». Un discours inscrit dans une lecture globale des dynamiques nationales et internationales qui influencent l’action législative.
Sur le plan législatif, le président de la Chambre a indiqué que 12 séances ont été consacrées à l’examen et à l’adoption de 17 projets de loi, dont trois lois organiques. Quatre textes ont également été adoptés dans le cadre de la deuxième lecture, tandis que quatre projets de loi ont été soumis en priorité à la Chambre, conformément à l’article 78 de la Constitution.
Le projet de loi de finances a occupé une place centrale dans les travaux parlementaires. Il a donné lieu à un débat nourri, marqué par le dépôt de 227 amendements, dont 72 ont été retenus. Un niveau d’interaction qui, selon Ould Errachid, reflète l’importance accordée au dernier budget de l’actuelle législature gouvernementale.
Parmi les textes majeurs examinés figurent ceux encadrant les prochaines échéances électorales, notamment les amendements des lois organiques relatives à la Chambre des représentants, aux partis politiques et aux listes électorales, adoptés avant la fin de l’année 2025. Le discours a également mis en lumière l’adoption de textes liés à la réforme du système éducatif, dont la loi sur l’enseignement scolaire, celle relative à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique, ainsi que la nouvelle version du projet de loi sur la procédure civile.
S’agissant de la mission de contrôle, le président de la Chambre a fait état de la tenue de 34 séances plénières, dont 14 consacrées aux questions orales, ayant permis d’interpeller 25 départements gouvernementaux. Au total, 1 020 questions orales ont été enregistrées, avec 317 réponses, tandis que 739 questions écrites ont été déposées, dont 302 ont reçu une réponse de la part du gouvernement. Les préoccupations sociales, les infrastructures, le monde rural, l’emploi, l’eau, la protection sociale et le sport ont dominé les échanges.
Abordant l’évaluation des politiques publiques, Mohamed Ould Errachid a annoncé que la prochaine séance annuelle sera consacrée aux politiques de lutte contre les effets du changement climatique. Une commission thématique temporaire sera chargée de préparer un rapport qui sera présenté lors de la session d’avril, dans un contexte marqué par des phénomènes climatiques extrêmes, notamment les inondations ayant touché certaines régions du Royaume, dont Ksar El Kébir et le Gharb.
La diplomatie parlementaire a occupé une place importante dans cette allocution. Le président de la Chambre est revenu sur la participation active du Conseil à plusieurs rencontres régionales et internationales, ainsi que sur des visites officielles et des réunions bilatérales et multilatérales ayant concerné l’Afrique, l’Asie, l’Europe et l’Amérique latine.
Une attention particulière a été accordée à la défense de la cause nationale, notamment à travers le plaidoyer en faveur de la marocanité du Sahara. Mohamed Ould Errachid a évoqué à cet égard la Déclaration de Malabo, les communiqués conjoints avec des parlements partenaires et les rencontres bilatérales, soulignant le soutien croissant à l’initiative marocaine d’autonomie et à la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Il a également rappelé l’organisation de plusieurs événements parlementaires internationaux au Maroc, dont certains à Laâyoune, ainsi que le Forum parlementaire maroco-français et la réunion conjointe avec l’Union européenne.
Dans l’ensemble, ce bilan de fin de session se distingue par une approche largement technique, fondée sur des indicateurs chiffrés et une forte valorisation de l’action diplomatique parlementaire, laissant toutefois en arrière-plan l’évaluation de l’impact politique et social concret des travaux législatifs et de contrôle.






