À l’approche des échéances électorales, la scène politique marocaine se transforme en un véritable marché ouvert aux alliances de dernière minute et aux transhumances partisanes. Ce phénomène, récurrent à chaque scrutin, atteint son paroxysme alors que les trois grands partis de la majorité — le RNI, le PAM et l’Istiqlal — ont pratiquement bouclé leurs listes de candidats, fermant ainsi la porte aux nouveaux arrivants. Dans ce contexte, des sources concordantes confirment que l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) a réussi un coup d’éclat en attirant simultanément trois membres du Bureau politique de l’Union Constitutionnelle (UC). Cette opération de transhumance qualitative, impliquant Amine El Mesioui à Al Haouz, Hamid Akroud dans la province de Rhamna et Ahmed Toumi à Kelaâ des Sraghna, illustre l’intensité des manœuvres qui se jouent actuellement dans les coulisses du pouvoir. Le cas d’Ahmed Toumi suscite d’ailleurs une polémique particulière, sa candidature résultant d’un accord avec un parlementaire de l’USFP impliqué dans des tensions locales liées à l’exploitation d’une carrière de pierres.
Toutefois, cette offensive de l’USFP cache une réalité plus fragile, le parti se trouvant dans une situation de vases communicants plutôt que de domination réelle. Si la formation d’Idriss Lachgar puise dans les effectifs de l’UC, elle subit elle-même une hémorragie interne notable, plusieurs de ses cadres de premier plan ayant récemment rejoint les rangs du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS). Cette dynamique place l’USFP dans une course contre la montre pour colmater ses brèches et compenser ses pertes avant le jour du scrutin. De son côté, le secrétaire général de l’Union Constitutionnelle, Mohamed Joudar, se mure dans le silence, focalisé selon ses proches sur la distribution des accréditations et des promesses électorales. Les tentatives de solliciter sa réaction directe sont restées vaines, laissant planer le doute sur sa capacité à freiner cette érosion. Au final, ce mercato frénétique interroge sur la réelle capacité de renouvellement de la classe politique marocaine, entre l’apport de sang neuf et le simple recyclage de visages familiers au gré des intérêts électoraux.






