Mohamed Ouzzine, Secrétaire général du Mouvement Populaire (MP), a estimé que le gouvernement actuel n’a pas honoré les engagements inscrits dans les lois de finances successives depuis son entrée en fonction en octobre 2021. Selon lui, plusieurs indicateurs économiques mis en avant ne reflètent pas la réalité quotidienne vécue par les citoyens.
Intervenant lors d’une rencontre partisane à Rabat, M. Ouzzine a appelé à davantage de franchise et de réalisme dans le discours politique, allant jusqu’à déclarer : « En tant que politicien aujourd’hui, j’ai honte de venir dire aux Marocains que je vais vous présenter un programme électoral. » À ses yeux, élaborer des programmes fondés sur des prévisions incertaines ne fait qu’approfondir la crise de confiance entre les citoyens et les responsables politiques.
Le leader du parti de l’épi a également critiqué la dépendance des indicateurs gouvernementaux — croissance, inflation, déficit ou dette — à des facteurs externes difficilement maîtrisables, notamment les aléas climatiques et la pluviométrie, qui influencent directement la production agricole. Promettre des résultats basés sur de telles variables expose, selon lui, à des engagements intenables.
Il a par ailleurs souligné l’écart entre les discours officiels et la réalité des marchés, évoquant une flambée des prix persistante et un pouvoir d’achat mis à rude épreuve. Les ménages marocains, a-t-il affirmé, continuent de subir la hausse du coût de la vie sans percevoir d’amélioration tangible.
Face à ce constat, Mohamed Ouzzine plaide pour un changement d’approche, en substituant aux programmes chiffrés un « contrat politique » reposant sur des engagements concrets et réalisables. Les indicateurs économiques devraient, selon lui, être l’aboutissement de réformes structurelles réussies, et non le point de départ de promesses électorales. Restaurer la confiance passe, conclut-il, par un discours de vérité, fondé sur l’honnêteté et la clarté.






