Le siège central du Mouvement Populaire (MP) à Rabat a abrité, vendredi soir, une rencontre intellectuelle consacrée à l’analyse de l’industrie nationale et à ses perspectives de développement. Organisée par le centre Centre Sanabil pour les études et les politiques publiques, cette conférence, placée sous le thème « Écosystèmes d’accélération industrielle : quel impact économique national ? », a mis en lumière plusieurs défis entravant la création de valeur ajoutée et la réduction du chômage.
Dans son allocution d’ouverture, le secrétaire général du MP, Mohamed Ouzzine, a souligné que l’accélération industrielle demeure étroitement liée au cadre législatif régissant l’investissement. Il a estimé que la construction d’une économie solide ne peut reposer uniquement sur l’attraction des investissements directs étrangers (IDE), plaidant pour un passage d’une économie d’assemblage à un modèle productif innovant, capable de renforcer la souveraineté industrielle du Royaume.
De son côté, l’expert économique Youssef Guerraoui Filali a appelé à une lecture plus nuancée des performances enregistrées par les exportations industrielles. Selon lui, une part importante de ces résultats est portée par des multinationales implantées dans les zones d’accélération industrielle, ce qui maintient souvent les entreprises locales dans une position secondaire au sein des chaînes de valeur mondiales. Il a également mis en garde contre les disparités territoriales, l’investissement restant concentré dans un nombre limité de régions.
Les intervenants ont par ailleurs relevé le décalage entre l’ampleur des investissements étrangers et leur impact limité sur la création d’emplois durables, soulignant que les PME marocaines peinent encore à bénéficier pleinement de cette dynamique.
Pour sa part, le chercheur Abdelali El Monouar a mis l’accent sur la faiblesse du taux d’intégration industrielle, estimant que la valeur ajoutée réelle ne dépasse pas 30 % une fois déduits les intrants importés. Un constat qui illustre, selon lui, les défis structurels que l’industrie nationale doit encore relever pour s’imposer comme un véritable moteur de croissance autonome.
Industrie nationale : le MP alerte sur la faible création de valeur et les limites des IDE






