Par Pr. Dr-Eng. Ahmed BOUTAMO – Expert en aviation civile internationale
Le dimanche 4 janvier 2026, la Grèce a vécu un événement rare mais hautement instructif : une perturbation/“effondrement” des fréquences radio utilisées pour les communications entre l’aviation civile et le contrôle aérien (ATC) a conduit les autorités à suspendre temporairement une grande partie des opérations, par précaution, avant une reprise progressive appuyée sur des fréquences de secours.
Selon les informations disponibles ce jour-là, l’incident a débuté vers 08:59 (heure locale), affectant des canaux radio aéronautiques et dégradant la capacité à maintenir un service ATS normal. Les autorités ont insisté sur un point central : la priorité absolue a été de préserver la sécurité en réduisant le trafic tant que la chaîne communicationnelle n’était pas stabilisée.
En fin de journée, le système a pu redémarrer par paliers, notamment via l’activation de moyens de repli, permettant un débit de départs annoncé de l’ordre de 45 avions par heure dans la phase de reprise. L’origine précise des interférences restait, à ce stade, non attribuée publiquement.
Ce que l’incident grec rappelle aux décideurs
Un espace aérien moderne n’est pas seulement “numérisé” : il doit être résilient. La communication air-sol (COM), même lorsqu’elle paraît “ancienne”, demeure un maillon vital : si la voix ATC est fortement dégradée, l’ATM bascule immédiatement en mode contingence, avec réduction de capacité, priorisation des vols, coordination renforcée et utilisation de canaux de secours.
Les cadres internationaux insistent depuis longtemps sur la planification de contingence ATM (accords inter-FIR, points de contact, procédures de bascule, exercices) et sur la gestion du spectre radio aéronautique afin de limiter les risques d’interférences préjudiciables au service.
En parallèle : marché & flotte, la capacité se verrouille (2028–2032)
Le même cycle d’actualité souligne une autre réalité structurante : la capacité future se joue aujourd’hui, via la sécurisation des créneaux de livraison et le renouvellement de flotte.
Deux compagnies chinoises ont annoncé des projets d’acquisition d’A320neo :
Spring Airlines : intention d’acquérir 30 A320neo (livraisons 2028–2032, sous approbations),
Juneyao Airlines : intention d’acquérir 25 Airbus A320-family (livraisons 2028–2032, sous approbations).
Sur le long-courrier, EVA Air a fait valider par sa gouvernance l’acquisition de 4 Boeing 787-9 (enveloppe maximale annoncée ~1,94 Md$), ainsi que des mesures sur sa flotte 777-300ER (baux/modernisations cabine selon les communications).
Flight Global
Conclusion
Début 2026, deux messages convergent :
Résilience opérationnelle : une dégradation des communications ATC peut figer un pays en quelques minutes.
Capacité stratégique : les compagnies sécurisent déjà la flotte 2028–2032, car la contrainte principale devient l’accès aux slots industriels.






