Au quatrième jour de l’offensive coordonnée menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran, le président français Emmanuel Macron s’est adressé aux Français mardi soir lors d’une allocution télévisée d’une dizaine de minutes. Une intervention attendue alors que le conflit s’étend de Téhéran au Golfe, en passant par le Liban, les Émirats arabes unis et Bahreïn, faisant redouter un embrasement régional.
Depuis samedi, date du déclenchement des frappes américano-israéliennes qui ont notamment conduit à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, Emmanuel Macron s’était jusque-là limité à annoncer un renforcement de la posture défensive française face au risque d’escalade. La menace s’est matérialisée ces derniers jours, notamment à Abou Dhabi, où une attaque de drones iraniens visant une base navale a endommagé un hangar situé à proximité d’une installation accueillant des forces françaises, sans faire de victimes.
Lors de son allocution, le chef de l’État a endossé son rôle de chef des armées, affichant la volonté de protéger les intérêts et les emprises militaires françaises dans la région, tout en cherchant à rassurer une opinion publique inquiète face à l’extension rapide du conflit. Il a reconnu que les frappes menées par Washington et Tel-Aviv avaient été conduites « en dehors du droit international », précisant que la France ne pouvait les approuver. Toutefois, il a estimé que la responsabilité première incombait à la République islamique, qu’il a accusée d’avoir développé un programme nucléaire et balistique menaçant, tout en soutenant et finançant plusieurs groupes armés dans la région, notamment le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen et des milices chiites en Irak.
Évoquant la mort d’Ali Khamenei, Emmanuel Macron a déclaré que « l’Histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple », sans toutefois citer explicitement le nom du guide iranien. Il a également rappelé la répression sanglante menée par le régime contre sa propre population ces derniers mois.
Dans le même temps, le président français a mis en garde Israël contre une éventuelle opération terrestre au Liban, qu’il a qualifiée « d’escalade dangereuse » et « d’erreur stratégique ». Aux côtés de l’Allemagne et du Royaume-Uni, la France appelle à un arrêt rapide des frappes et à la reprise de négociations diplomatiques, estimant qu’aucune solution durable ne pourra être trouvée en dehors d’un cadre politique.
Sur le plan militaire, Paris a renforcé son dispositif dans la région. Des avions Rafale stationnés aux Émirats arabes unis ont mené des opérations de sécurisation de l’espace aérien autour des bases françaises, tandis que des systèmes de défense anti-aérienne ont été activés. La France a également procédé à l’interception de drones « en légitime défense » dès les premières heures du conflit.
Le président a annoncé l’envoi de la frégate Languedoc ainsi que de moyens anti-aériens à Chypre. Le porte-avions Charles de Gaulle a, de son côté, reçu l’ordre de se déployer en Méditerranée afin de renforcer la capacité de réaction française.
Parallèlement, des opérations de rapatriement ont été lancées pour les ressortissants français les plus vulnérables présents au Moyen-Orient, où près de 400.000 Français résident. Deux premiers vols étaient attendus à Paris dès mardi soir.
Enfin, face au risque d’actions terroristes commanditées depuis l’étranger, le dispositif de protection militaire Sentinelle a été renforcé sur le territoire national. Des mesures spécifiques ont également été prises pour assurer la sécurité de personnalités et d’associations susceptibles d’être ciblées.
Cette allocution marque une nouvelle étape dans l’implication diplomatique et militaire de la France dans une crise aux ramifications multiples, dont l’évolution demeure incertaine.






