C’est une séquence déterminante pour l’avenir de l’université marocaine. Le 5 janvier, la Commission de l’enseignement, des affaires culturelles et sociales de la Chambre des Conseillers a consacré une journée d’étude au projet de loi n° 59.24, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui. Un texte présenté comme une rupture avec un cadre législatif vieux de vingt-cinq ans et comme un levier stratégique pour accompagner les ambitions du Royaume à l’horizon 2030.
Dans l’enceinte de la Commission, lieu central du débat parlementaire, le ministre a défendu une réforme qu’il qualifie de « vitale ». Appuyé par une présentation détaillée, Azzedine El Midaoui a exposé les grandes lignes du projet de loi 59.24, appelé à remplacer la loi 01.00, jugée aujourd’hui inadaptée aux mutations profondes que connaît l’enseignement supérieur, tant sur le plan académique que socio-économique.
Une architecture législative repensée
Le ministre a tenu à souligner que le nouveau texte va bien au-delà de simples ajustements. Structuré en 11 chapitres et 113 articles, le projet de loi vise à instaurer une université plus flexible et plus performante. Au cœur de cette réforme figure la notion d’« autonomie responsable », présentée comme un passage obligé pour sortir d’un mode de gestion jugé trop rigide.
Selon Azzedine El Midaoui, cette autonomie permettra aux universités de mieux répondre aux besoins de leurs territoires, tout en préservant l’unité du système national et les standards d’excellence académique. Une approche qui ambitionne de rapprocher davantage l’université de son environnement économique et social.
L’étudiant au centre de la réforme
La question de la formation et de l’employabilité a occupé une place centrale dans l’intervention ministérielle. Le projet de loi introduit de nouveaux leviers pour mieux préparer les étudiants au marché du travail, à travers la généralisation des compétences transversales, le renforcement de l’apprentissage des langues étrangères et une intégration accrue du numérique dans les parcours universitaires.
Dans ce cadre, le ministre a mis en avant la plateforme E-Logha-Sup, présentée comme un outil emblématique d’une université marocaine plus ouverte et connectée à son environnement international.
Sur le plan social, Azzedine El Midaoui a tenu à rassurer les conseillers : la gratuité de l’enseignement supérieur public demeure un principe intangible. La réforme prévoit toutefois des mécanismes visant à améliorer les conditions de vie étudiante, notamment à travers une nouvelle gouvernance des cités universitaires et un meilleur ciblage des bourses.
Une recherche tournée vers la souveraineté nationale
Autre pilier du projet de loi 59.24 : la recherche scientifique. Devant les membres de la Commission, le ministre a plaidé pour une recherche « utile » et alignée sur les priorités stratégiques du Royaume. Le texte prévoit la structuration de pôles d’excellence nationaux, capables de répondre à des enjeux majeurs tels que la sécurité hydrique, la transition énergétique ou encore la souveraineté sanitaire.
L’objectif affiché est clair : faire des universités et de leurs laboratoires de véritables catalyseurs d’innovation, au service du tissu économique national.
Vers une nouvelle gouvernance universitaire
La réforme s’accompagne également d’une refonte de la gouvernance des universités. Les futurs conseils d’administration seront élargis à davantage d’acteurs économiques et sociaux, dans une logique d’ouverture et de partenariat. Pour Azzedine El Midaoui, cette évolution est indispensable pour sortir l’université de son isolement et en faire un espace d’échanges permanent avec son écosystème.
En clôture de cette journée d’étude, le ministre a appelé à une mobilisation conjointe du législatif et de l’exécutif afin d’accélérer l’adoption du projet de loi. À ses yeux, le texte ne constitue pas seulement une réforme juridique, mais un véritable engagement de l’État envers sa jeunesse, pour bâtir les fondations du Maroc de demain.






