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Taux directeur : Bank Al-Maghrib face au dilemme entre relance et inflation

Les marchés marocains observent avec une attention soutenue la prochaine réunion de Bank Al-Maghrib, appelée à trancher sur l’orientation du taux directeur pour les mois à venir. Dans un contexte où le gouvernement cherche à préserver la dynamique de croissance et à soutenir l’investissement, les inquiétudes persistent face aux pressions inflationnistes et à l’affaiblissement du dirham face aux principales devises. À cela s’ajoutent les répercussions des tensions géopolitiques internationales, notamment l’escalade impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël, qui accentue l’incertitude sur les marchés mondiaux.

La question centrale demeure : la Banque centrale optera-t-elle pour le maintien du taux directeur afin de soutenir la relance économique, ou choisira-t-elle de le relever pour contenir les risques inflationnistes et les déséquilibres monétaires ? La décision attendue devrait influencer directement le climat des affaires, le niveau de l’investissement et l’orientation globale de l’économie nationale.

Intervenant à ce sujet, l’expert économique Rachid Sari estime que deux scénarios sont envisageables : le statu quo ou la hausse. Toutefois, il juge le maintien du taux actuel peu probable au regard des indicateurs économiques et monétaires récents.

Dans une déclaration à Belpresse, il explique que le scénario du maintien supposerait une accélération significative de la relance économique. Or, selon lui, les contraintes actuelles compliquent cette option, d’autant que le dirham aurait perdu entre 6 % et 8 % de sa valeur face au dollar et à l’euro, ce qui accroît la pression sur les équilibres financiers.

Le scénario le plus plausible resterait ainsi celui d’un relèvement du taux directeur. L’expert fonde cette analyse sur l’interdépendance de l’économie marocaine avec la conjoncture internationale, la hausse des prix du pétrole et l’augmentation des coûts d’approvisionnement, facteurs qui alimentent les tensions inflationnistes.

Dans un environnement mondial marqué par la volatilité et l’incertitude, la régulation monétaire apparaît, selon lui, comme un levier essentiel pour préserver la stabilité des prix et protéger le pouvoir d’achat.
Rachid Sari souligne que la Banque centrale se trouve face à un arbitrage délicat : soutenir l’activité économique et les entreprises, tout en maîtrisant l’inflation et les risques monétaires. Il estime à environ 75 % la probabilité d’une hausse du taux directeur lors de cette réunion.

Concernant l’impact des tensions géopolitiques, il considère qu’elles contribuent à accentuer le flou économique mondial, sans pour autant constituer l’unique déterminant de la décision. La Banque s’appuie, rappelle-t-il, sur un ensemble d’indicateurs internes et externes pour orienter sa politique.

En définitive, la prochaine réunion de Bank Al-Maghrib s’annonce déterminante. Dans un contexte de volatilité des prix de l’énergie et de tensions financières internationales, la décision qui sera prise pèsera directement sur les perspectives d’investissement et la trajectoire de l’économie marocaine dans les mois à venir.

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