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Panama se tourne vers le Maroc pour sécuriser ses approvisionnements en engrais

Panama s’oriente vers un renforcement de sa coopération avec le Maroc afin de sécuriser des approvisionnements en engrais agricoles. Cette démarche vise à atténuer les craintes liées à une hausse des prix et à d’éventuelles pénuries de ces intrants essentiels pour le secteur agricole, dans un contexte marqué par les perturbations des marchés internationaux dues aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Selon des médias panaméens, le gouvernement du Panama envisage d’importer environ 1 000 tonnes d’engrais en provenance du Maroc, dans le cadre d’une coopération menée par l’intermédiaire de l’Agence marocaine de coopération internationale. Les quantités concernées devraient être principalement destinées aux petits producteurs agricoles, avec une arrivée prévue dans environ un mois et demi, compte tenu des contraintes logistiques liées au transport et à l’acheminement.

Le ministre panaméen des Affaires étrangères, Javier Martinez‑Acha, a indiqué que ces produits seront livrés au Panama à des prix compétitifs, sans toutefois fournir de détails supplémentaires concernant les coûts ou les modalités d’approvisionnement. Les autorités cherchent ainsi à limiter l’impact de la volatilité du marché mondial des engrais.

Les responsables panaméens gardent également en mémoire les perturbations observées ces dernières années, notamment au début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine en 2022, période durant laquelle les prix des engrais avaient fortement augmenté. Le prix du quintal d’urée, l’un des engrais les plus utilisés en agriculture en raison de sa forte teneur en azote, était alors passé d’environ 20 dollars à près de 100 dollars en très peu de temps, avant de reculer sans toutefois retrouver son niveau d’avant-crise.

Dans ce contexte, le président panaméen a pour l’instant écarté la possibilité d’un soutien direct de l’État aux prix des engrais en cas de nouvelles hausses, préférant privilégier des solutions basées sur la diversification des sources d’approvisionnement et le renforcement de la coopération internationale.

Les données disponibles indiquent par ailleurs que le Panama figure parmi les pays de la région ayant le plus fort niveau de consommation d’intrants chimiques agricoles, avec une utilisation environ six fois supérieure à la moyenne observée en Amérique centrale. Les dépenses annuelles du pays pour ces produits dépasseraient 40 millions de dollars.

Dans le cadre du partenariat bilatéral, le Maroc a également proposé d’apporter un appui technique au Panama pour l’élaboration d’une carte de fertilité des sols. Cette initiative vise à améliorer l’utilisation des engrais et à en optimiser la distribution, afin de renforcer la productivité agricole tout en limitant le recours excessif aux produits chimiques.

Sur le plan diplomatique, le Panama a par ailleurs suspendu ses relations avec la “République arabe sahraouie démocratique” en novembre 2025, avant d’exprimer son soutien explicite à l’initiative marocaine d’autonomie présentée en 2007 comme solution au différend autour du Sahara.

Cette position avait été réaffirmée par le chef de la diplomatie panaméenne lors d’une conférence de presse tenue à l’issue d’entretiens avec son homologue marocain Nasser Bourita. Il avait alors salué la dynamique positive que connaît ce dossier sous la conduite du roi Mohammed VI.

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