Le Maroc est devenu le premier importateur de blé tendre en provenance de l’Union européenne, après une forte hausse de ses achats au cours de cette saison.
Selon de nouvelles données publiées par la Commission européenne, le Maroc a importé plus de 2,63 millions de tonnes à la mi-mars, contre 1,93 million de tonnes à la même période l’an dernier. Avec ce volume, le Royaume devance d’autres grands acheteurs comme l’Égypte et l’Arabie saoudite.
Les exportations de blé de l’Union européenne ont également progressé, atteignant 16,77 millions de tonnes depuis juillet, soit une hausse de 8 % par rapport à l’année précédente. La Roumanie et la France figurent parmi les principaux fournisseurs.
Cette augmentation s’explique principalement par la baisse de la production agricole au Maroc, conséquence de plusieurs années de sécheresse. Le manque de précipitations durant les saisons agricoles a réduit les rendements, contraignant le pays à recourir davantage aux importations pour couvrir la demande intérieure.
Afin de stabiliser l’approvisionnement et les prix du pain, le gouvernement a suspendu les droits de douane sur les importations de blé jusqu’au 30 avril 2026. Il accorde également un soutien financier lorsque les prix dépassent 270 dirhams le quintal. Une partie des opérations d’importation est gérée par l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses.
Par ailleurs, le Maroc diversifie ses sources d’approvisionnement. Si la France reste un fournisseur clé, des pays comme la Roumanie et la Bulgarie gagnent du terrain en proposant des prix plus compétitifs.
L’amélioration des infrastructures portuaires a aussi facilité cette dynamique. Les modernisations à Casablanca et à Jorf Lasfar permettent désormais de décharger plus rapidement les grands navires, accélérant ainsi l’acheminement des céréales.
De plus, les coûts de transport et les retards logistiques rendent les fournisseurs européens proches plus attractifs que les marchés lointains.
Dans le même temps, l’Égypte a importé plus de 1,5 million de tonnes de blé européen depuis le début de la saison, tandis que l’Arabie saoudite en a acquis plus de 1,19 million de tonnes. À l’inverse, la demande a reculé en Nigeria et en Algérie.
Les prix jouent également un rôle déterminant : le blé roumain se vend autour de 243 dollars la tonne, tandis que le blé français oscille entre 193 et 200 euros la tonne. La France cherche à écouler ses stocks importants, tandis que la Roumanie gagne en compétitivité grâce à ses prix plus bas.
Selon les experts, le Maroc pourrait importer entre 5 et 5,5 millions de tonnes de blé d’ici mai, ce qui signifie qu’environ la moitié de ses besoins prévisionnels est déjà couverte.






