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Barrages : des apports records et un taux de remplissage porté à 69 %

Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a affirmé ce mercredi que les précipitations exceptionnelles enregistrées au Royaume ont un impact très positif, notamment en ce qui concerne le renforcement et la valorisation des réserves hydriques nationales, la réduction de la surexploitation des nappes phréatiques, ainsi que la production d’énergie hydroélectrique propre et renouvelable.

Lors du point de presse tenu à l’issue du Conseil de gouvernement hebdomadaire, Baraka a expliqué que cette situation permettra de prolonger la durée d’approvisionnement en eau de plusieurs systèmes hydriques. La gestion de ces apports garantira au moins une année d’approvisionnement pour les systèmes les plus vulnérables, tandis que la majorité des autres systèmes bénéficieront d’une sécurité hydrique d’au moins deux ans.

Il a souligné que cette conjoncture permet également d’effectuer des lâchers d’eau maîtrisés via le système de turbines, favorisant ainsi la production d’énergie hydroélectrique propre et renouvelable. Le volume d’eau destiné à la production énergétique atteint 1 560 millions de mètres cubes.

M. Baraka a indiqué que ces apports contribueront aussi à limiter l’envasement des barrages grâce aux vidanges de fond, une opération qui n’avait pas été possible durant les sept dernières années de sécheresse. Cela permet d’évacuer les sédiments et de préserver la capacité de stockage ainsi que l’efficacité des infrastructures hydrauliques.

Il a également évoqué les effets positifs sur la recharge des nappes phréatiques, qui devraient voir leur niveau s’améliorer, réduisant ainsi la surexploitation des ressources souterraines. Plusieurs bassins hydrauliques ont enregistré une hausse notable, notamment ceux de Guir-Ziz-Ghris, Sebou, Moulouya, Oum Er-Rbia, Bouregreg-Chaouia et Loukkos. Des quotas d’eau ont par ailleurs été alloués pour sécuriser l’activité agricole, avec un impact positif sur la productivité et la stabilité de la production.

Depuis le 1er septembre 2025 jusqu’à ce mercredi, les apports en eau au niveau des barrages ont atteint un volume total de 12,17 milliards de mètres cubes, soit un excédent de 134 % par rapport à la moyenne habituelle.

Cette période se distingue par un caractère exceptionnel : 11,74 milliards de mètres cubes ont été enregistrés depuis le 12 décembre 2025 seulement, soit 96,4 % du total des apports. Au cours du seul dernier mois (à partir du 11 janvier), les apports ont avoisiné 8,82 milliards de mètres cubes, un volume supérieur à celui enregistré durant plusieurs années hydrologiques complètes.

Le taux de remplissage des barrages est ainsi passé de 31,1 % le 12 décembre 2025 à 69,35 % le 11 février 2026, représentant un stock de 11,62 milliards de mètres cubes, un niveau inédit depuis 2018.

Concernant les bassins hydrauliques, la majorité a enregistré des apports significatifs cette année, en particulier le bassin du Sebou (5 086 millions de m³, avec un taux de remplissage de 91,57 %) et celui du Loukkos (1 786 millions de m³, avec un taux de remplissage de 93,49 %). Les données montrent que 31 barrages affichent désormais un taux de remplissage supérieur à 80 %.

Compte tenu de cette situation exceptionnelle et continue, des opérations de vidange préventives et progressives ont été menées afin de dégager une capacité de stockage supplémentaire pour absorber les apports et protéger les populations ainsi que les infrastructures hydrauliques. Depuis le 1er septembre, 4 278 millions de mètres cubes ont ainsi été déversés au niveau des barrages ayant atteint un taux de remplissage de 100 %.

Le ministre a précisé que la concomitance des lâchers d’eau avec les crues provenant des affluents situés en aval des barrages a dépassé la capacité d’écoulement des oueds, entraînant des inondations, notamment dans les zones basses des régions du Gharb et du Loukkos.

S’agissant de la stratégie nationale intégrée de gestion des catastrophes, Baraka a indiqué qu’en réponse aux changements climatiques accélérés et aux phénomènes météorologiques exceptionnels observés depuis la fin de 2025 — notamment les inondations ayant touché le nord-ouest, le Gharb et auparavant Safi — l’élaboration de la stratégie nationale intégrée de gestion des catastrophes à l’horizon 2030 est en cours d’achèvement.

Il a ajouté qu’une étude relative à la création d’un centre national doté d’un système intégré de prévision des crues au sein du ministère de l’Équipement et de l’Eau (système de vigilance « Vigiriques ») a été finalisée.

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