Le parti espagnol d’extrême droite Vox a exprimé sa conviction que le Maroc chercherait à “annexer” Ceuta, Melilla et les îles Canaries, estimant que cela pourrait se produire avec un soutien américain.
Cette position intervient dans un contexte de tensions diplomatiques, après un affrontement politique entre le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et l’ancien président américain Donald Trump, qui avait récemment évoqué la possibilité de suspendre les relations commerciales avec Madrid.
Dans une déclaration publiée par sa section à Ceuta, le parti a estimé que « la sécurité et l’avenir de la ville sont menacés », affirmant que cette situation concernerait également Melilla ainsi que les Canary Islands, que Vox dit exposées à des « ambitions marocaines d’annexion ». Le parti relie cette situation à la décision du gouvernement espagnol de refuser l’utilisation des bases militaires américaines situées en Espagne pour lancer des frappes contre l’Iran.
Selon Vox, ce « risque » existerait depuis longtemps en raison des « politiques hésitantes des deux grands partis traditionnels ». Le parti affirme que ni le Parti populaire ni le Parti socialiste ouvrier espagnol n’ont clairement défendu l’appartenance de Ceuta, Melilla et des Canaries à l’Espagne face aux revendications marocaines.
Cité par plusieurs médias espagnols, Vox — troisième force politique au Parlement espagnol — tient les deux principaux partis responsables de la situation actuelle, estimant que leurs divergences relèvent d’une « mise en scène politique » et que leurs inquiétudes affichées concernant l’avenir de Ceuta seraient motivées par des considérations électorales.
Le parti a également accusé le Parti socialiste de se montrer mal à l’aise face au débat sur « la menace que représenterait le Maroc pour la souveraineté espagnole sur Ceuta », ajoutant que cette attitude ne serait « pas surprenante » au vu de ce qu’il qualifie de « soumission continue » du gouvernement de Pedro Sánchez au Maroc.
Vox cite notamment le fait que les douanes commerciales ne fonctionneraient toujours pas normalement, affirmant que cela s’expliquerait par le fait que le Maroc « ne reconnaît pas l’appartenance de Ceuta et Melilla à l’Espagne ».
Selon le parti, cette orientation s’est également confirmée lors de la réunion de haut niveau entre les gouvernements marocain et espagnol, tenue à Madrid en décembre dernier et présidée par Pedro Sánchez et le chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch, au cours de laquelle plusieurs accords ont été signés sans mention explicite des deux villes autonomes.
Le discours de Vox a également visé le Parti populaire, accusé d’« hypocrisie », affirmant qu’il « tient un discours à Madrid et un autre à Ceuta ». Le parti a aussi critiqué le président du gouvernement local, Juan Vivas, l’accusant de s’être « aligné sur la position de Sánchez ».
Enfin, Vox a appelé le gouvernement espagnol à défendre fermement la souveraineté espagnole sur Ceuta, Melilla et les îles Canaries, avertissant que l’Espagne ne pouvait rester sans réaction face aux revendications marocaines et aux tensions migratoires.
Cette nouvelle prise de position intervient alors que certains milieux américains, notamment au sein du American Enterprise Institute, ont récemment appelé l’administration américaine à reconnaître Ceuta et Melilla comme des “territoires marocains occupés”, à l’image de la décision prise par Washington fin 2020 reconnaissant la souveraineté du Maroc sur le Sahara.






