Mohamed Ouahbi est né le 7 septembre 1976 à Schaerbeek, dans la banlieue de Bruxelles. Issu d’une famille marocaine originaire du Rif ayant émigré en Belgique dans les années 1970, il grandit loin des projecteurs. Après des études au lycée Émile Max, il choisit à l’âge de 18 ans de suivre sa passion pour l’éducation et l’encadrement, devenant enseignant à l’école primaire Charles Buls.
À 21 ans, il entame son parcours dans le football au sein du petit club de Maccabi Foot Bruxelles. Cette expérience lui révèle l’importance du travail éducatif dans le sport et de la communication avec les jeunes.
« Maccabi Foot Bruxelles m’a permis de m’affirmer, d’apprendre à parler devant un groupe et de comprendre que l’entraîneur forme d’abord l’homme avant le joueur », confiera-t-il plus tard.
À la fin des années 1990, il rejoint le centre de formation Neerpede du RSC Anderlecht. C’est le début d’une aventure de 17 ans au sein du club le plus titré de Belgique.
De 2003 à 2020, celui que tout le monde surnomme « Mo » entraîne successivement les équipes U9, U17 puis U21. Les équipes qu’il encadre brillent sur la scène européenne, atteignant notamment les demi-finales de la UEFA Youth League en 2015.
Il participe à la formation de plusieurs talents devenus internationaux, dont Adnan Januzaj, Youri Tielemans, Jérémy Doku, Leander Dendoncker, Charly Musonda et Bilal El Khannouss.
Un ancien responsable du club témoigne :
« Ouahbi est l’un des entraîneurs les plus capables de communiquer avec les jeunes. Il les comprend là où ils sont pour les conduire là où il veut les amener. »
Titulaire de la licence UEFA Pro Licence, la plus haute certification d’entraîneur en Europe, Ouahbi quitte Anderlecht en 2020 pour rejoindre l’Al-Fateh SC en Arabie saoudite comme adjoint de Yannick Ferrera.
Deux ans plus tard, la Fédération royale marocaine de football lui confie la sélection marocaine des moins de 20 ans. Sa mission est ambitieuse : reconstruire une génération et rassembler des joueurs issus d’académies marocaines et européennes.
Après un début difficile marqué par l’échec de la qualification à la CAN U20 2023, la fédération maintient sa confiance. L’année suivante, les Lionceaux de l’Atlas atteignent la finale de la CAN U20 en Égypte, perdue de justesse face à l’Afrique du Sud, mais décrochent leur qualification pour le Mondial.
À Santiago, la sélection marocaine réalise l’exploit attendu depuis plusieurs années. Les Lionceaux terminent premiers d’un groupe redoutable comprenant le Brésil U20, l’Espagne U20 et le Mexique U20.
Ils éliminent ensuite les États-Unis U20 (3-1), puis battent la France U20 en demi-finale aux tirs au but, au terme d’un match marqué par une maîtrise tactique remarquable.
La finale vient consacrer quatre années de travail méthodique. Fidèle à son humilité, Ouahbi attribue le mérite à ses joueurs :
« Nous savions que ce serait difficile, mais les joueurs ont prouvé que leur présence en finale n’était pas un hasard. C’est une génération exceptionnelle. »
La réussite de Mohamed Ouahbi repose sur trois principes : la discipline tactique, la préparation mentale et l’esprit combatif. Il impose à ses joueurs des règles strictes en matière de ponctualité, de respect du groupe et de priorité à l’esprit collectif.
Il résume cette philosophie dans une déclaration au site de la FIFA :
« Le mot Maroc est la clé du succès. Nos joueurs se battent pour leur pays, leur peuple et leur Roi. »
Pour lui, la dynamique actuelle s’inscrit dans la continuité de l’épopée du Coupe du monde 2022 au Qatar menée par Walid Regragui.
À 50 ans, Mohamed Ouahbi s’impose désormais comme l’un des entraîneurs marocains les plus prometteurs. Son parcours, façonné par l’école belge et couronné par un titre mondial avec les U20, l’a propulsé parmi les candidats crédibles pour succéder à Walid Regragui à la tête de l’Équipe du Maroc de football.
Son profil apparaît idéal pour assurer la transition entre la génération héroïque de Doha et celle qui a triomphé au Chili, avec en ligne de mire l’horizon du Coupe du monde 2030.
Polyglotte, parlant couramment le français, l’anglais, l’espagnol et l’italien, Ouahbi incarne également un pont entre cultures : celle de l’Europe où il est né et formé, et celle du Maroc dont il revendique fièrement les racines.






