Les résultats d’un appel d’offres international lancé par l’établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations, Morocco Foodex, dirigé par Ghita El Ghorfi , ont suscité une vague d’interrogations et de critiques après la révélation du montant important alloué à l’organisation du pavillon marocain au salon international de l’alimentation SIAL Canada, prévu à Montréal. Cet événement ne doit pourtant durer que trois jours, du 29 avril au 1er mai 2026.
Selon des documents officiels consultés par le site, relatifs à l’appel d’offres n°05/2026/EACCE lancé par cet organisme placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture — dont le conseil d’administration est présidé par le ministre Ahmed El Bouari —, le coût prévisionnel du projet avait initialement été fixé à 5.200.152,03 dirhams, soit plus d’un demi-milliard de centimes. Toutefois, les résultats de l’appel d’offres ont finalement révélé que l’offre retenue dépassait même ce plafond financier.
Les données figurant dans le procès-verbal d’ouverture des plis indiquent que cinq entreprises ont participé à la compétition : K EVENTS, FIRST CLASS EVENT, ASPEN COM, CAPITAL EVENTS et EVENTS ADVISOR. Deux sociétés, EVENTS ADVISOR et CAPITAL EVENTS, ont été écartées lors de l’évaluation technique malgré la conformité de leurs dossiers administratifs, laissant trois candidats en lice pour la phase finale.
L’entreprise K EVENTS a présenté une offre de 6.007.752,03 dirhams, tandis que celle d’ASPEN COM s’élevait à environ 6.136.092,03 dirhams et celle de FIRST CLASS EVENT à 6.176.351,08 dirhams. La procédure s’est finalement conclue par l’attribution du marché à K EVENTS, dont l’offre a été jugée « la plus avantageuse économiquement », selon le procès-verbal de la commission ayant clôturé ses travaux le 3 mars 2026.
Fait notable : l’offre retenue ne s’est pas contentée de dépasser l’estimation initiale fixée par l’établissement, mais l’a excédée d’environ 800.000 dirhams supplémentaires. Ainsi, l’organisation d’un pavillon marocain pour un salon d’une durée de trois jours coûtera plus de 600 millions de centimes au Trésor, un montant jugé élevé au regard de la nature des prestations demandées.
Celles-ci consistent principalement en l’organisation d’un pavillon marocain d’environ 185 mètres carrés au sein du salon, entièrement aménagé pour accueillir les entreprises marocaines participantes.
Les documents de l’appel d’offres indiquent que les services requis comprennent la location de l’espace d’exposition, l’acquisition d’espaces publicitaires au sein du salon, la conception et la réalisation complète du pavillon marocain, ainsi que l’aménagement d’espaces d’accueil et d’un espace VIP destiné aux invités.
Le projet prévoit également l’installation de 16 stands d’exposition pour les exportateurs marocains, la fourniture du décor, de l’éclairage, d’écrans et de supports d’identification pour chaque entreprise participante.
Parmi les autres prestations figurent la mise à disposition d’hôtesses bilingues (anglais-français) pour l’accueil des visiteurs, la réalisation d’un catalogue des exposants de 25 à 30 pages, la production de contenus de communication et de supports promotionnels numériques, ainsi que la fourniture d’environ 7.000 articles promotionnels — sacs, stylos et badges portant la marque « Morocco ».
Les services incluent également l’organisation de prestations d’hospitalité au sein du pavillon, comprenant eau minérale, café, thé et pâtisseries marocaines, ainsi que l’aménagement d’un espace VIP destiné aux rencontres professionnelles. L’appel d’offres prévoit en outre la fourniture d’une connexion internet pendant toute la durée du salon, ainsi que le transport d’échantillons et de produits marocains vers le Canada, avec la gestion du transport, du dédouanement et du stockage.
Le marché prévoit également l’achat d’espaces publicitaires au sein du salon, notamment sur la plateforme d’enregistrement des visiteurs, sur les écrans de l’événement, ainsi que l’apparition du logo du Maroc sur le plan du salon et sur des supports publicitaires dans le hall d’exposition. Le coût de ces prestations publicitaires est estimé à environ 28.000 dollars canadiens.
Cette affaire a relancé le débat sur le coût réel de la participation des institutions publiques marocaines aux salons internationaux, en particulier lorsqu’il s’agit d’événements de courte durée. Un montant de six millions de dirhams pour l’organisation d’un seul pavillon soulève de nombreuses interrogations quant aux modalités de gestion de ces budgets et aux critères d’évaluation des offres adoptés par les institutions publiques dans ce type de marchés, surtout lorsque l’offre retenue dépasse le plafond financier initialement fixé par l’établissement lui-même.






