L’Espagne a refusé d’autoriser les États-Unis à utiliser les bases militaires conjointes situées sur son territoire pour mener des frappes contre l’Iran. Cette décision intervient alors que le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a intensifié ses critiques à l’égard de ce qu’il qualifie d’intervention « injustifiée et dangereuse », selon le quotidien britannique The Guardian.
Pedro Sánchez a condamné les opérations militaires unilatérales menées par les États-Unis et Israël, avertissant qu’elles contribuent à accroître l’instabilité mondiale et à affaiblir le droit international. Son gouvernement a ainsi refusé l’utilisation des bases de Naval Base of Rota et de Morón Air Base dans le cadre des opérations en cours visant l’Iran.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a précisé que l’Espagne soutient la démocratie et les droits fondamentaux du peuple iranien, mais qu’elle ne permettra pas l’usage de ses bases pour des opérations contraires aux accords existants avec Washington ou incompatibles avec le cadre de la Charte des Nations unies. Il a souligné que ces installations ne sont pas, et ne seront pas, utilisées au-delà des dispositions convenues.
La ministre de la Défense, Margarita Robles, a réaffirmé cette position, insistant sur le fait que toute opération impliquant ces bases doit se conformer aux normes juridiques internationales et bénéficier d’un soutien international approprié.
Des données de suivi aérien ont indiqué que plusieurs avions américains ont quitté Rota et Morón après l’escalade des tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran au cours du week-end, certains ayant atterri à la base aérienne de Ramstein Air Base, en Allemagne.
Dans un discours prononcé à Barcelone, Pedro Sánchez a réitéré ses critiques, affirmant qu’il est possible de s’opposer à la direction iranienne tout en rejetant toute action militaire dépourvue de fondement juridique international.
La position espagnole contraste avec celle de certains de ses alliés européens. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, avait initialement refusé d’autoriser l’utilisation des bases britanniques par les forces américaines, avant de revoir sa position à la suite des frappes de représailles iraniennes dans la région. Dans une déclaration conjointe avec la France et l’Allemagne, le Royaume-Uni a indiqué qu’il prendrait des mesures pour défendre ses intérêts et ceux de ses alliés.
Parallèlement, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé à une solution diplomatique et affirmé que l’Union européenne se prépare aux conséquences potentielles de la crise.






