Ce mardi 20 janvier 2026 s’impose comme une date charnière dans l’histoire de l’enseignement supérieur au Maroc. La Chambre des représentants a approuvé, en séance plénière, la loi n°59-24 relative à l’Enseignement supérieur et à la Recherche scientifique, ouvrant une nouvelle phase de réformes structurantes pour l’université marocaine.
Après plus de vingt-cinq ans de mise en œuvre de la loi n°01-00, le secteur se dote désormais d’un cadre juridique rénové, conçu pour libérer le potentiel des établissements universitaires et consolider une autonomie académique et institutionnelle renforcée. Cette réforme s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre de la loi-cadre n°51-17 relative au système de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, et marque un tournant décisif dans la trajectoire de modernisation de l’université marocaine.
Adopté en Conseil de gouvernement le 28 août 2025, le projet de loi n°59-24 a été élaboré selon une approche participative, associant l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur. Il repose sur une analyse approfondie des contraintes structurelles et des limites du système actuel. Le texte a ensuite fait l’objet de débats nourris au sein des deux Chambres du Parlement, à l’issue desquels plus de 80 amendements ont été acceptés par le gouvernement, illustrant la qualité du dialogue institutionnel autour de ce texte fondateur.
Portée par le ministère de tutelle, la nouvelle loi, structurée en 11 chapitres et 113 articles, ambitionne de refonder la gouvernance universitaire, de renforcer l’autonomie des établissements et d’adapter l’université marocaine aux mutations nationales et internationales. Elle consacre, pour la première fois, un chapitre entier à la recherche scientifique et à l’innovation, affirmant leur rôle central dans le développement du pays.
Le texte introduit également une nouvelle instance de gouvernance universitaire, conçue comme un véritable « board » stratégique, chargée de renforcer l’ancrage des universités dans leur environnement socio-économique et d’aligner leurs stratégies sur les politiques publiques nationales ainsi que sur les standards internationaux. Cette instance vient compléter le Conseil d’université, dont les prérogatives ont été maintenues.
En élargissant les outils managériaux et en renforçant les mécanismes de gestion, notamment en matière de diversification des ressources financières, la loi n°59-24 pose les bases d’une université plus agile, affranchie de nombreuses lourdeurs administratives, tout en consacrant les principes de responsabilité, de performance et de redevabilité.
Appelée à devenir le texte de référence de la prochaine décennie, la loi 59-24 engage une réforme globale visant à aligner l’université marocaine sur l’horizon 2030. Toutefois, comme l’a souligné Azeddine El Midaoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, la réussite de cette réforme repose avant tout sur un contrat de confiance : « les textes, aussi ambitieux soient-ils, ne sauraient produire leurs effets sans la mobilisation de l’ensemble des acteurs du secteur ».






