L’ambassadeur de France à Rabat, Christophe Lecourtier, a constaté une nette augmentation du nombre de visas délivrés par Paris aux citoyens marocains en 2025. Il a précisé que la France avait accordé plus de 300 000 visas aux Marocains, soit une hausse d’environ 6 % par rapport à l’année précédente, tandis que le taux de refus a chuté à seulement 10 %.
L’ambassadeur a expliqué que ces chiffres reflètent une évolution positive dans la gestion des demandes de visa ces dernières années, tant en termes de quantité que de qualité des dossiers soumis. Il a également souligné que la France seule avait délivré près de la moitié des visas accordés aux Marocains par l’ensemble des pays de l’Union européenne.
Selon lui, en 2024, les pays de l’Union européenne ont accordé plus de 606 000 visas aux citoyens marocains, avec un taux de refus global d’environ 20 %, un niveau qu’il a qualifié de « moyen » selon les standards européens.
L’ambassadeur a attribué cette évolution positive à la qualité des dossiers présentés et à la vitalité des relations humaines qui caractérisent le partenariat franco-marocain. Il a affirmé que l’amélioration des taux d’acceptation est le fruit direct d’une coopération étroite entre les services consulaires français et les autorités marocaines.
Il a également salué les efforts visant à améliorer l’accueil des demandeurs de visa et à accélérer le traitement des dossiers dans les consulats français, notant que ces mesures ont contribué à réduire les délais et à améliorer l’expérience des usagers.
Pour maintenir cette dynamique, l’ambassadeur a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les deux parties, d’améliorer la préparation des dossiers par les demandeurs et d’adopter une gestion proactive des flux, notamment pour les catégories prioritaires telles que les étudiants, les échanges professionnels et les visites familiales.
Dans ce cadre, il a souligné le rôle des équipes de « Campus France » dans l’accompagnement des projets d’études au Maroc, ce qui améliore la qualité des dossiers des étudiants marocains et contribue à augmenter les taux d’obtention de visas.
L’ambassadeur a confirmé que la politique de visas entre les deux pays se poursuivra en 2026 selon les mêmes principes, fondés sur la promotion de la mobilité légale et organisée, le renforcement des échanges humains et professionnels, tout en poursuivant la coopération en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration irrégulière.
Il a conclu en soulignant que Paris et Rabat souhaitent instaurer une relation « plus fluide et prévisible » en matière de visas, dans le cadre d’une volonté politique commune visant à réduire les obstacles administratifs et à consolider une dynamique positive dans la circulation des personnes entre les deux pays.
En outre les tensions concernant l’octroi des visas aux Marocains ont culminé en septembre 2021, lorsque la France avait décidé de réduire le nombre de visas délivrés aux citoyens marocains, invoquant un manque de coopération dans le dossier du retour des migrants irréguliers. Cette décision avait suscité une forte opposition au Maroc et des critiques officielles et populaires, considérée comme affectant largement les étudiants, les professionnels et les familles.
À cette époque, des milliers de Marocains avaient dénoncé la hausse des taux de refus, les longs délais de traitement et la difficulté d’obtenir un rendez-vous dans les centres de demande de visa, faisant de la « demande de visa français » un sujet de débat récurrent dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Depuis 2023, les indicateurs ont progressivement montré un apaisement, avec l’annonce par Paris d’un retour à un niveau normal de délivrance des visas, le renforcement des capacités de traitement dans les consulats et l’amélioration de l’accueil, dans le cadre d’une volonté commune de normaliser ce dossier sensible et de le séparer des différends politiques ponctuels.
Les chiffres récemment annoncés par l’ambassadeur de France à Rabat, qui montrent une hausse des visas accordés aux Marocains et une baisse du taux de refus, indiquent que le dossier des visas passe désormais d’une logique de crise à une logique de gestion technique et de partenariat, avec un objectif commun de faciliter une mobilité légale et organisée entre les deux pays.






