Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a alerté, ce mardi 3 mars 2026, sur l’aggravation imminente de la crise humanitaire en Somalie, où des millions de personnes sont menacées de famine en raison de la sécheresse persistante.
Après deux saisons consécutives marquées par un déficit pluviométrique sévère, le CICR a exprimé, dans un communiqué, sa profonde inquiétude face au risque d’un retour aux niveaux catastrophiques de famine qu’a connus le pays en 2022.
« Si les pluies tardent davantage, seule une augmentation massive de l’aide humanitaire pourra empêcher des millions de personnes de sombrer plus profondément dans la crise alimentaire », a averti l’organisation.
Selon une évaluation publiée le 24 février 2026 par l’Integrated Food Security Phase Classification (IPC), mécanisme onusien d’analyse de la sécurité alimentaire, le nombre de personnes classées en situation de « crise ou pire » en Somalie a presque doublé entre le début de l’année 2025 et février-mars 2026, atteignant environ 6,5 millions de personnes.
Le CICR souligne également que cette détérioration intervient dans un contexte de baisse drastique du financement des opérations humanitaires dans le pays. « De nombreuses organisations sont contraintes de suspendre leurs programmes, réduisant ainsi l’assistance en nourriture, en eau, en soins médicaux et en soutien aux moyens de subsistance, alors même que les besoins continuent d’augmenter », précise le communiqué.
L’organisation insiste sur le fait que « la sécheresse expose des millions de Somaliens à un risque réel de famine ».
Le Programme alimentaire mondial (PAM) avait déjà averti, le 20 février dernier, qu’il serait contraint de suspendre ses opérations d’aide d’ici avril en l’absence de nouveaux financements, dans ce pays instable de la Corne de l’Afrique.
Dans ce contexte, le CICR indique que l’élevage, affaibli par des chocs climatiques répétés, est « au bord de l’effondrement », alors que plus de 60 % de la population dépend de ce secteur pour sa subsistance. « Gravement touché, ce secteur a laissé des familles sans revenus ni nourriture, poussant des milliers de personnes à chercher refuge dans des camps temporaires », ajoute l’organisation.
Mohamed Sheikh, responsable des opérations du CICR dans la région de Galmudug, a déclaré que « les combats ont provoqué des déplacements de population, tout comme la sécheresse ». Il a averti : « Si les pluies ne surviennent pas rapidement, la situation deviendra désastreuse. »






