Le Maroc s’est classé au deuxième rang de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) en matière de nouveaux projets d’investissement dans l’industrie automobile, derrière l’Égypte, selon un rapport publié par BMI, filiale du groupe Fitch Solutions. Cette performance conforte le Royaume comme pôle majeur de la recomposition industrielle régionale en 2025.
Le rapport indique que le Maroc a enregistré 23 nouveaux projets d’investissement dans le secteur automobile au cours de l’année écoulée, contre 27 projets en Égypte et 15 aux Émirats arabes unis, traduisant la confiance des investisseurs internationaux dans les capacités industrielles du pays et sa compétitivité dans un environnement régional de plus en plus concurrentiel.
Selon la même source, près de 65 % de ces projets concernent la fabrication de composants, tandis que le reste porte sur l’assemblage de véhicules. Cette structure atteste de la capacité du Maroc à renforcer ses chaînes de production locales et à s’intégrer davantage aux chaînes de valeur mondiales de l’automobile.
Le rapport souligne que le Royaume a bénéficié de sa proximité géographique avec l’Europe et de son insertion dans les chaînes d’approvisionnement internationales, consolidant ainsi son statut de destination privilégiée pour les entreprises mondiales spécialisées dans l’assemblage et la fabrication de composants. Le Maroc dispose, en outre, d’un écosystème industriel intégré et d’un cadre d’investissement attractif à l’échelle internationale, ce qui lui a permis de capter une part significative des nouveaux projets automobiles en 2025, en dépit de l’absence d’un programme gouvernemental global comparable à celui de l’Égypte.
Le rapport relève également que l’Afrique du Nord demeure la principale destination des investissements automobiles au sein de la région MENA, malgré les efforts croissants des pays du Golfe, notamment les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, dans les segments des véhicules électriques et des véhicules autonomes.
Les investissements récents au Maroc couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur, allant de l’assemblage de véhicules à la fabrication de composants, de systèmes de câblage et d’intérieurs, jusqu’aux technologies liées à la mobilité électrique. Cette diversification renforce la robustesse et la résilience du modèle industriel marocain.
La confiance persistante des investisseurs internationaux, précise le rapport, confirme la capacité du Maroc à attirer des investissements de long terme, en dépit de défis mondiaux tels que la volatilité des chaînes d’approvisionnement et les incertitudes géopolitiques. Le Royaume se distingue de l’Égypte par plusieurs atouts, notamment la cohérence de son modèle exportateur, la stabilité de son cadre réglementaire et sa faculté à attirer des investissements durables dans l’automobile.
Il convient de rappeler que le Maroc est parvenu à dépasser l’Afrique du Sud pour devenir le premier producteur automobile du continent en 2025, avec une production record dépassant le million de véhicules à fin décembre 2025, contre environ 596 818 unités en Afrique du Sud.
Selon le magazine Business Insider, cette avancée marque une rupture nette par rapport à 2024, année durant laquelle l’écart entre les deux pays était limité : le Maroc avait produit 559 645 véhicules, contre 515 976 pour l’Afrique du Sud. L’année 2025 constitue ainsi la première où le Maroc affirme une supériorité claire, mettant fin à la domination historique sud-africaine dans ce secteur.
Toujours d’après Business Insider, la production automobile marocaine a enregistré une hausse spectaculaire de 79 % en 2025 par rapport à 2024, tandis que celle de l’Afrique du Sud n’a progressé que de 15,7 % sur la même période.
Ce dynamisme reflète, selon la publication, la capacité du Maroc à capitaliser sur un environnement industriel favorable, des politiques publiques incitatives, ainsi qu’un accès compétitif à une énergie plus durable, contrairement à l’Afrique du Sud qui dépend encore des énergies fossiles à hauteur de 80 à 85 % de sa production électrique.
En outre, cette montée en puissance renforce la position du Maroc comme destination de choix pour les investissements des constructeurs automobiles mondiaux, notamment Renault et Stellantis. Le Royaume a également fait son entrée sur le marché des véhicules électriques avec la production de l’Opel Rocks-e en 2021, et devrait lancer, en janvier 2026, la production locale du modèle Dial-E, entièrement électrique.






