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Terrab, Benjelloun et Majidi..des fichiers américains révèlent les liens tissés par Epstein au Maroc

Jeffrey Epstein, le financier dont le nom a fait le tour du monde pour ses scandales sexuels et son réseau d’influence, était au cœur d’un système international de trafic sexuel impliquant des mineures. Proche de personnalités politiques, économiques et culturelles à travers le monde, Epstein utilisait sa richesse et ses contacts pour tisser un réseau d’influence tout en dissimulant ses activités criminelles.

Arrêté en juillet 2019, il a été inculpé pour trafic sexuel et complot de trafic sexuel avant de mourir dans sa cellule quelques semaines plus tard, dans des circonstances controversées, laissant derrière lui des millions de pages de documents judiciaires désormais rendus publics et révélant l’ampleur et la complexité de ses réseaux.

Depuis la publication de ces documents américains liés à l’enquête sur Jeffrey Epstein, l’attention médiatique mondiale s’est focalisée sur les liens entre le financier américain condamné pour trafic sexuel et des personnalités influentes à travers le monde.

Si les révélations touchent surtout des figures politiques et économiques en Europe et aux États‑Unis, certaines mentions font également état de références au Maroc ou à des échanges impliquant des personnes ou des activités liées au Royaume mais les preuves directes de relations avec des personnalités marocaines de premier plan restent ténues ou partiellement contextualisées.

Le ministère de la Justice des États‑Unis a rendu publics plus de 3,5 millions de pages de documents, comprenant vidéos, images et courriels, dans le cadre de l’Epstein Files Transparency Act. Cette diffusion est la plus importante depuis le début de l’affaire et concerne des années d’enquêtes fédérales du FBI et du DOJ sur le réseau de Jeffrey Epstein.

Les documents incluent des communications, des enregistrements de contacts, des échanges financiers et parfois des images irréfutables montrant Epstein en contact avec des dirigeants, des hommes d’affaires et des personnalités publiques.

Des utilisateurs observant les documents téléchargés par le ministère de la Justice ont signalé que le Maroc apparaît à plusieurs reprises dans des communications ou des journaux de vols liés aux déplacements d’Epstein, notamment autour de villes comme Marrakech ou Rabat. Les commentaires soulignent des escales de son avion privé « Lolita Express »et d’autres allusions géographiques lors de voyages internationaux.

Mais il est crucial de préciser que cette fréquence ne prouve ni liens institutionnels, ni réseaux de trafic, ni participation de hauts responsables marocains simplement que les documents, en tant que base de données brute, mentionnent ces lieux dans différents contextes.

Une partie des documents américains montrent des échanges par courriel en 2015 entre Jeffrey Epstein et l’ancien ministre français Jack Lang, touchant à l’achat d’un riad à Marrakech, avec une estimation de prix et des modalités « offshore ». Ces échanges font partie des archives du dossier, mais ne constituent en eux‑mêmes aucune accusation criminelle contre des personnalités marocaines.

Cette révélation a alimenté des discussions dans la presse francophone sur les relations internationales d’Epstein, mais elle ne met pas en cause un acteur marocain identifiable dans l’opération.

Selon une enquête menée par Le Desk, Jeffrey Epstein aurait tenté d’établir des contacts avec plusieurs personnalités influentes au Maroc, parmi lesquelles Mostafa Terrab, Othman Benjelloun et Mounir Majidi. Le journal précise que ces mentions apparaissent dans les documents américains dans le cadre de tentatives de réseautage et de voyages d’Epstein au Maroc, notamment autour de Marrakech et Rabat.

Le Desk souligne toutefois que ces citations ne constituent en aucun cas une preuve d’implication de ces personnalités dans les activités criminelles de Jeffrey Epstein, mais reflètent plutôt des démarches d’Epstein pour élargir son réseau social et professionnel dans le royaume.

Des rumeurs et spéculations circulent sur des forums ou des réseaux sociaux, parfois liant Epstein à des cadres économiques marocains, mais ces affirmations ne reposent pas sur des preuves publiées vérifiables extraites des documents officiels.

Les experts en données judiciaires rappellent que : La mention d’un nom ou d’un pays dans des fichiers ne constitue pas une preuve d’implication dans une activité criminelle. Une grande partie des documents publiés sont non vérifiés ou sans contexte clair, et près de 2 millions de pages restent à être examinées ou publiées.

Le ministère de la Justice américain a lui‑même mis en garde contre les interprétations erronées ou trompeuses issues de ces publications massives.

En somme, si les documents américains récemment rendus publics offrent un aperçu inédit de l’ampleur et de la complexité du réseau de Jeffrey Epstein, les mentions du Maroc doivent être interprétées avec prudence. Elles témoignent principalement de déplacements géographiques ou de projets immobiliers ponctuels, sans établir de lien direct ou de complicité de personnalités marocaines dans les activités criminelles d’Epstein.

L’affaire illustre ainsi la nécessité d’une approche factuelle et rigoureuse face aux archives massives publiées, où la présence d’un nom ou d’un lieu ne suffit jamais à confirmer une implication criminelle.

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