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Corée du Sud : Yoon Suk-yeol condamné à perpétuité pour insurrection

Une cour sud-coréenne a condamné ce jeudi l’ancien président Yoon Suk-yeol à la réclusion à perpétuité pour sa tentative avortée d’imposer la loi martiale en 2024.

Selon l’agence de presse Yonhap, dans le premier jugement rendu dans cette affaire, le tribunal central de Séoul a reconnu Yoon coupable d’avoir dirigé une insurrection en tentant d’imposer la loi martiale. La juridiction a toutefois prononcé une peine moins sévère que la peine de mort requise par l’équipe du procureur spécial.

Le tribunal a estimé que le décret de loi martiale constituait un acte de rébellion, l’ancien président ayant cherché à paralyser l’Assemblée nationale en envoyant des troupes au complexe parlementaire. Il a souligné que le cœur de l’affaire résidait dans le déploiement de forces militaires au sein du Parlement.

Toujours selon Yonhap, l’ancien président, âgé de 66 ans, a assisté à l’audience, retransmise en direct à la télévision nationale. La cour a également prononcé des peines à l’encontre de plusieurs anciens responsables militaires et sécuritaires impliqués dans l’exécution du décret.

L’ancien ministre de la Défense, Kim Yong-hyun, considéré comme l’architecte principal du plan, a été condamné à 30 ans de prison. De son côté, l’ancien Premier ministre Han Duck-soo a écopé précédemment d’une peine de 23 ans d’emprisonnement pour son rôle central dans l’insurrection, notamment pour avoir assisté Yoon lors de la proclamation temporaire de la loi martiale.

Yoon avait décrété la loi martiale le 3 décembre 2024 et envoyé des soldats encercler le bâtiment du Parlement. La mesure n’a duré que six heures, les députés de l’opposition ayant réussi à pénétrer dans l’enceinte parlementaire pour voter une résolution contre cette prise de pouvoir, contraignant le président à faire marche arrière.

Après la suspension de ses fonctions le 14 décembre à la suite de sa mise en accusation par le Parlement, Yoon a été définitivement destitué en avril 2025 par décision de la Cour constitutionnelle.

Détenu depuis juillet dernier, l’ancien président faisait face à plusieurs chefs d’accusation pénale. En janvier, il a été condamné à cinq ans de prison pour résistance à l’arrestation, violation des droits de neuf membres du Conseil des ministres non conviés à la réunion relative à son projet de loi martiale, rédaction puis destruction d’une version modifiée du décret après la levée de la loi martiale.

Il a également été accusé d’avoir ordonné la diffusion de communiqués contenant de fausses informations sur la proclamation, ainsi que la suppression d’enregistrements issus de téléphones sécurisés utilisés à l’époque par des responsables militaires.

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