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Conseil de la Paix et Gaza, quand la diplomatie passe du discours aux outils

La réunion inaugurale du Conseil de la Paix s’est tenue aujourd’hui dans un climat particulièrement sensible pour la région, a déclaré le professeur Ahmed Boutamo PhD et conseiller indépendant du Président de la République française, SEM Emmanuel Macron. Selon lui, le message est clair : « Le monde ne se satisfait plus des mots. Il faut désormais des résultats concrets et mesurables, sécurité sur le terrain, financement encadré, et gouvernance de transition capable d’empêcher le retour du chaos. »

Le dossier de Gaza, longtemps perçu comme purement humanitaire, est désormais considéré comme un enjeu de stabilité globale. « Le financement est nécessaire, mais il ne suffit pas. L’essentiel est de savoir comment il sera débloqué, à quel rythme et avec quelles garanties, afin d’éviter que l’argent ne se perde ou ne se transforme en nouvelles promesses sans effets », explique le professeur Boutamo.

La reconstruction de Gaza ne se limite pas à la fourniture de matériel. Elle implique également la gestion des services publics et la légitimité politique. « Sans sécurité et sans institutions opérationnelles, le désordre revient rapidement. D’où la mise en avant d’une force internationale de stabilisation et de la formation des forces de police », précise le spécialiste.

Les engagements financiers annoncés lors de la réunion atteignent près de 17 milliards de dollars, incluant sept milliards promis par plusieurs pays participants et dix milliards par les États-Unis. Mais, comme le souligne Boutamo, « le point décisif reste la méthode : mécanismes, calendrier, transparence et suivi réel ».

Le Maroc adopte une approche pragmatique et orientée vers l’action concrète. « Le pays a exprimé sa disponibilité à déployer des éléments de police et à contribuer à la formation d’une police locale, ainsi qu’à installer un hôpital militaire de campagne pour soutenir l’effort humanitaire et sanitaire », indique Boutamo. Cette démarche illustre « une paix exécutable », c’est-à-dire un passage de la posture politique aux instruments opérationnels.

Outre le Maroc, l’Indonésie, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie ont annoncé des contributions en forces. L’Égypte et la Jordanie se sont engagées dans la formation de la police locale, tandis que la Turquie a indiqué sa disposition à participer à la réhabilitation et au renforcement des forces de sécurité.

Malgré ces annonces, le professeur Boutamo appelle à la prudence. « Il faut distinguer ce qui est confirmé de ce qui circule. Certains détails relayés dans l’espace public nécessitent encore des confirmations solides par des sources fiables. »

Pour Boutamo, la véritable valeur de cette initiative réside dans la capacité à transformer les engagements en plans d’exécution, indicateurs de suivi et gouvernance capables d’empêcher la répétition de la crise. « Si cela réussit, cela peut réellement ouvrir une voie pour redonner vie à Gaza au lieu de répéter le même cycle. »

Sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc affirme son rôle dans une logique de paix pratique : sécurité applicable, soutien humanitaire concret et politique orientée vers une solution réaliste et durable.

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