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Autonomie universitaire, le président n’est pas “pape”, il est comptable..!

Par Pr. Dr-Eng. Ahmed BOUTAMO,PhD Académicien, fondateur d’universités privées (international)

La formule du ministre Azzedine El Midaoui « les présidents d’université ne sont pas des papes » a le mérite de remettre le débat sur ses rails. Elle rappelle une évidence : l’autonomie universitaire ne peut pas être interprétée comme un pouvoir absolu. Dans l’esprit du projet de loi n°59.24, tel que relayé par Belpresse, l’autonomie proposée n’est « pas un blanc-seing », elle implique responsabilité, coordination avec l’État et respect des standards nationaux.

Le vrai enjeu n’est donc pas “autonomie ou tutelle”, mais autonomie + redevabilité. Une université moderne doit disposer de marges de manœuvre pour innover (pédagogie, organisation, partenariats), tout en rendant des comptes sur des résultats simples et publics : qualité des apprentissages, réussite, insertion, production scientifique, intégrité académique et bonne gouvernance.

En tant qu’académicien et fondateur d’établissements universitaires privés, je soutiens pleinement cette approche. Le Maroc n’a pas besoin d’une opposition stérile public/privé ; il a besoin d’un socle national de qualité non négociable pour tous, et d’une gouvernance qui protège l’étudiant et la crédibilité du diplôme. Le privé peut contribuer utilement, à condition d’être évalué avec les mêmes exigences, dans un cadre transparent.

Pour transformer une formule forte en réforme effective, je propose trois leviers immédiats : (1) des contrats d’objectifs pluriannuels État–universités, (2) un tableau de bord public minimal (réussite, insertion, qualité, intégrité), (3) un contrôle interne et une évaluation externe régulière. C’est ainsi que l’autonomie devient un moteur de performance, et non un “pouvoir sans contre-pouvoir”.

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