L’annonce d’un appel d’offres algérien portant sur l’achat d’un million de têtes de bétail en provenance de Mauritanie a suscité un large débat dans les milieux politiques et médiatiques, sur fond d’accusations selon lesquelles cette initiative viserait à influencer la position de Nouakchott sur la question du Sahara.
Le dossier de l’appel d’offres a été remis lors d’une rencontre entre le président de l’Union nationale du patronat mauritanien et l’ambassadeur d’Algérie à Nouakchott, dans un cadre présenté officiellement comme un renforcement de la coopération économique entre les deux pays.
Certains observateurs estiment toutefois que cette démarche dépasse sa dimension purement commerciale. Ils soulignent que son calendrier et son contexte régional laissent entrevoir une tentative d’attirer la Mauritanie vers une nouvelle posture dans le dossier du Sahara, en mobilisant l’outil de la coopération dans le secteur de l’élevage, pilier essentiel de l’économie mauritanienne.
À l’inverse, les partisans de l’initiative considèrent qu’elle s’inscrit dans une dynamique de dynamisation des échanges commerciaux et d’ouverture de nouveaux débouchés pour les éleveurs mauritaniens. Ils rappellent que la réussite de l’opération dépendra de la préservation des intérêts des producteurs et du respect des constantes diplomatiques du pays.
La Mauritanie continue, pour sa part, d’adopter une position de neutralité positive concernant le différend autour du Sahara, veillant à maintenir l’équilibre de ses relations régionales et à éviter tout alignement susceptible d’affecter sa stabilité interne ou ses relations extérieures.






