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1er mars au Maroc : Journée des pompiers et de la Protection civile ..!

Par. Dr-Eng. Ahmed BOUTAMO, PhD – Conseiller indépendant du Président de la République française

Je tiens à adresser mes plus vives félicitations et mes remerciements aux sapeurs-pompiers et à l’ensemble des équipes de secours, dont l’intervention exemplaire lors des inondations a permis de sauver de nombreuses vies humaines. Par leur courage, leur discipline et leur sens du devoir, ils ont accompli un travail remarquable, à la hauteur des hautes instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Qu’ils soient ici salués avec respect pour leur engagement au service de la Nation.

Chaque 1er mars, le Maroc met à l’honneur ses femmes et ses hommes de la Protection civile, ces pompiers et secouristes qui interviennent là où la vie bascule en quelques minutes. Cet hommage est mérité, mais il doit aussi devenir un levier de transformation, parce qu’en 2026, un pays moderne se mesure aussi à une réalité très simple, la capacité à sauver vite, partout, y compris dans les zones les plus enclavées.

Le vrai combat, gagner les premières minutes, même loin des villes

Sur le terrain, ce qui coûte le plus cher n’est pas l’absence de courage. C’est l’écart entre l’accident et la prise en charge efficace. Trop souvent, des victimes décèdent sur les lieux, ou se dégradent gravement, non par fatalité, mais par accumulation de ruptures : alerte tardive, géolocalisation incertaine, absence de connexion, difficultés d’accès, manque de moyens adaptés au relief, et surtout absence d’une prise en charge médicale avancée au bon moment.

Les zones enclavées sont le test ultime. Routes longues, pistes difficiles, relief montagneux, conditions météo, éloignement des plateaux techniques. Dans ces territoires, la chaîne de secours doit être pensée comme une “logistique de l’urgence”, et non comme une simple arrivée sur site.

Pompiers + ambulance médicalisée, une doctrine à systématiser

Le modèle le plus robuste est celui d’une chaîne intégrée :
le fourgon de secours sécurise, extrait, protège, coordonne, puis une ambulance réellement équipée prend le relais avec une capacité de réanimation sur place et pendant le transport, portée par des professionnels formés, incluant, lorsque nécessaire, une médicalisation de type urgentiste.

Cette logique n’oppose pas Protection civile et santé. Elle les assemble. Elle transforme une intervention courageuse en “chaîne de survie” complète.

Pour l’enclavement, le levier décisif, l’hélicoptère sanitaire

Quand la route est trop longue, il faut une réponse aérienne structurée : hélicoptère avec civière, module médical, capacité d’extraction et d’évacuation rapide, coordination avec les équipes au sol, et points de poser identifiés (ou hélitreuillage selon les cas).
Ce n’est pas un luxe, c’est l’outil qui compense la géographie et rend l’égalité d’accès réelle, au même titre que les infrastructures.

L’exemple français, avec l’organisation SAMU–SMUR et la médicalisation possible des moyens héliportés, montre qu’un système coordonné peut réduire la perte de chance en rapprochant l’hôpital du patient.

2026 l’IA doit entrer dans la chaîne de secours, pas dans les discours

L’intelligence artificielle n’est pas un slogan. Dans l’urgence, elle sert à gagner du temps et à éviter l’erreur. Concrètement, elle peut :
améliorer la priorisation des appels, optimiser le dispatch des moyens, anticiper les zones à risque par analyse des accidents, recommander l’itinéraire le plus rapide selon trafic et accessibilité, et soutenir la télémédecine préhospitalière quand la connexion existe, ou via solutions hybrides (radio, satellite) quand elle manque.

Là encore, le sujet n’est pas technologique. Il est politique et budgétaire : investir dans ce qui sauve immédiatement.

Appel aux décideurs, un standard national “sol + air + IA”

À l’occasion de ce 1er mars, j’appelle les responsables du secteur à bâtir un cadre national simple et mesurable : des véhicules incendie renforcés, des ambulances modernisées et médicalisables, une capacité héliportée pour les zones enclavées, et une couche numérique IA pour réduire les délais et fluidifier la coordination.

Dans le Maroc de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Royaume en mouvement et en ambition, la protection de la vie doit être une priorité opérationnelle. Et dans le cadre d’une coopération Maroc–France utile et concrète, l’échange de doctrines, de formation et de standards peut accélérer la montée en puissance, au bénéfice des citoyens et des territoires.

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