Sur instructions du roi Mohammed VI, le prince héritier Moulay El Hassan a présidé, samedi 31 octobre 2026, dans la commune d’Izarène, dans la province de Nador le lancement des premières opérations du terminal à conteneurs Est du port Nador West Med. Cette mise en service marque une étape inaugurale dans le démarrage de ce complexe industrialo-portuaire, qui a mobilisé des investissements publics et privés de l’ordre de 54 milliards de dirhams.
Doté d’un quai de 1 520 mètres linéaires, d’un tirant d’eau de 18 mètres et de 70 hectares de terre-pleins, le nouveau terminal devrait atteindre, à l’horizon 2030, une capacité de traitement de 3,5 millions de conteneurs.
La concession d’exploitation du terminal Est, dont les investissements avoisinent les 5 milliards de dirhams, a été attribuée au groupement formé par Marsa Maroc, quatrième opérateur de terminaux à conteneurs en Afrique, et Terminal Investment Limited (TIL), filiale du groupe MSC, premier armateur mondial de transport maritime de conteneurs. Ce consortium assurera l’exploitation et la maintenance du terminal pendant une durée de 25 ans.
Le complexe Nador West Med comprend également un deuxième terminal à conteneurs, baptisé terminal Ouest, doté d’une capacité de 1,8 million d’EVP (équivalent vingt pieds).
Sa concession a été confiée au groupement réunissant Marsa Maroc et CMA CGM, troisième compagnie mondiale de transport maritime de conteneurs. Le projet nécessite un investissement de 3 milliards de dirhams et comprend 900 mètres linéaires de quais ainsi que 38 hectares de terre-pleins. Son entrée en exploitation est prévue en avril 2027, ce qui portera la capacité totale du port à 5,3 millions de conteneurs.
Au-delà des terminaux à conteneurs, Nador West Med disposera de plusieurs installations spécialisées. Le port comprendra notamment un terminal polyvalent de 22 hectares, doté d’une capacité de 3 millions de tonnes et dont la mise en service est prévue en décembre 2028.
Un terminal dédié aux marchandises en vrac solide, d’une capacité de 7 millions de tonnes, devrait être opérationnel en juin 2027. Le port dispose également d’un terminal roulier, doté d’une capacité de 400 000 unités et d’un quai de 380 mètres, livré en septembre 2026.
Le complexe sera par ailleurs doté d’un pôle énergétique de premier plan, comprenant un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) d’une capacité de 5 milliards de mètres cubes, avec un quai de 360 mètres linéaires. Il accueillera également un terminal dédié aux hydrocarbures, d’une capacité de 25 millions de tonnes, équipé de trois postes à quai de 125 mètres. Son entrée en service est prévue à partir d’avril 2027.
Sur le plan socio-économique, le complexe industrialo-portuaire devrait permettre, à court terme, la création de 14 000 emplois directs et de 20 000 emplois indirects, notamment au profit des jeunes.
Il s’appuiera également sur une plateforme industrielle et logistique s’étendant sur 700 hectares, pour laquelle des investissements privés de 12 milliards de dirhams ont été mobilisés.
Afin d’assurer la connexion du port avec son environnement économique et territorial, plusieurs infrastructures de transport sont prévues. Il s’agit notamment d’une liaison ferroviaire de 49 kilomètres reliant Selouane à Nador West Med, ainsi que d’une autoroute de 105 kilomètres au départ de Guercif.
Cette nouvelle infrastructure portuaire ambitionne de devenir un levier de création de richesse, d’emplois et d’opportunités d’investissement. Elle vise à favoriser l’émergence d’un nouveau pôle de croissance industrielle, logistique et économique, à travers l’attraction d’investissements productifs et le développement de nouvelles activités.
Dans cette perspective, et conformément aux Hautes Orientations royales, les programmes de formation adaptés aux besoins des nouvelles activités seront accélérés afin de faciliter l’insertion professionnelle des jeunes.
À cette occasion, le prince héritier Moulay El Hassan a donné le coup d’envoi de la première opération de déchargement d’un conteneur d’un navire commercial au terminal Est.
Nador West Med s’inscrit dans la continuité de la dynamique impulsée par le port Tanger Med, selon une logique de complémentarité stratégique visant à doter le Royaume d’infrastructures portuaires diversifiées, compétitives et ouvertes sur l’international.
Cette ambition se prolonge également sur la façade atlantique avec le projet du port Dakhla Atlantique, destiné à renforcer l’ancrage africain du Maroc et à offrir aux pays du Sahel un accès privilégié aux marchés internationaux.






