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France : Macron appelle au calme à la veille d’une nouvelle mobilisation lycéenne

Les lycées français ont connu lundi une nouvelle journée de blocages, à quelques heures d’un appel à manifester lancé pour mardi. Le gouvernement assure que les fermetures d’établissements reculent, mais que les violences, elles, s’aggravent.

Lancé le 17 septembre, à six mois de l’élection présidentielle, le mouvement réunit des lycéens qui réclament de meilleures conditions d’étude, la rénovation des bâtiments et la fin de la sélection opérée par Parcoursup. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 96,5 % des établissements étaient ouverts lundi matin, et 130 étaient fermés, contre 172 vendredi. « Le mouvement recule donc nettement », affirme-t-il, évoquant des foyers de perturbation désormais « plus circonscrits ». Il ne dit pas, en revanche, combien de lycées restent perturbés sans être fermés, tout en soulignant que si les fermetures diminuent, les violences s’intensifient.
Au moins huit membres du personnel ont été blessés lundi matin, d’après le gouvernement. À Reims, deux agents d’accueil d’un lycée ont été touchés par des tirs de mortiers d’artifice, et un fonctionnaire a aussi été blessé en banlieue parisienne. À Marseille, un policier posté devant un lycée a été victime du même type de tir, selon la préfecture.

En région parisienne, près de 80 lycées sont perturbés ; un proviseur, un parent d’élève et un agent y ont été blessés. À Rennes, une dizaine d’établissements sont touchés, dont le lycée Joliot-Curie, où Naïla, 17 ans, compte défiler mardi. À Marseille, plusieurs lycées sont bloqués, le plus souvent dans le calme. Devant le lycée Périer, dans un quartier aisé du centre-ville, quelques dizaines d’élèves se sont assis devant les grilles. « On est solidaires des lycées moins bien lotis », explique Emeline, 16 ans, élève de première.

En marge du Salon de l’Automobile, Emmanuel Macron, dont la parole publique est rare depuis le début du mouvement, a demandé que la mobilisation se déroule « dans le calme, dans l’ordre » et dans le respect des personnes et des biens.

Le gouvernement avait d’abord répondu par le maintien de l’ordre face aux affrontements, qui ont notamment coûté une main à un lycéen mineur. Il a ensuite avancé peu à peu des réponses plus politiques, sans convaincre les organisations lycéennes. Jeudi soir, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a promis le déploiement en urgence de 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées les plus en difficulté. Lundi, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a indiqué que ce déploiement avait commencé et qu’il fallait désormais en optimiser l’organisation.

La mesure est vivement critiquée. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, y voit une annonce « déconnectée des réalités du terrain » et rapporte que certains enseignants ont été appelés à remplacer dans une discipline qui n’est pas la leur.

Dimanche, le gouvernement a par ailleurs indiqué que près des trois quarts des contributions déposées sur sa plateforme de concertation dénoncent des emplois du temps surchargés, et que la moitié évoquent des problèmes de bâtiments. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé que des amendements au projet de budget 2027 reprendraient certaines de ces propositions.
Cela ne suffit pas, estime la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, pour qui des annonces cosmétiques ne répondront pas à une colère aussi profonde. L’Union syndicale des lycéens, qui appelle à la mobilisation de mardi, parle de « miettes » et maintient ses exigences : la suppression de Parcoursup et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées.

Lundi, par ailleurs, un adolescent a ouvert le feu avec un fusil de chasse dans un collège d’Aubagne, près de Marseille, blessant le principal et une enseignante, avant d’être désarmé. Aucun lien n’est pour l’instant établi avec la mobilisation lycéenne. Édouard Geffray a dénoncé « un acte inadmissible », révélateur selon lui d’une « violence débridée » dans la société, tandis qu’Emmanuel Macron a salué le sang-froid de l’équipe éducative, dont la réaction exemplaire a permis d’éviter le pire. Le ministre de l’Éducation et celui de l’Intérieur, Laurent Nuñez, sont attendus sur place. En raison de ces événements, la rencontre prévue lundi après-midi entre le ministre et des représentants lycéens a été reportée.

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