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De Marrakech à la Primature : qui est Fatima Ezzahra El Mansouri, nouvelle cheffe du gouvernement ?

De ses premières années à Marrakech aux plus hautes responsabilités de l’État, Fatima Ezzahra El Mansouri a construit, en près de deux décennies, un parcours politique marqué par une succession de premières. Avocate de formation, maire, députée, ministre puis figure dirigeante du Parti authenticité et modernité (PAM), elle accède, à 50 ans, à la tête du gouvernement marocain, devenant la première femme de l’histoire du Royaume à occuper cette fonction. Retour sur l’itinéraire d’une responsable politique dont l’ascension s’est dessinée entre droit, pouvoir local, Parlement, gouvernement et direction partisane.

Née le 3 janvier 1976 à Marrakech, Fatima Ezzahra El Mansouri grandit dans un environnement où le droit et le service public occupent une place importante. Son père, Abderrahmane El Mansouri, avocat et ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de Marrakech, a également exercé plusieurs responsabilités publiques, notamment celles de pacha de Marrakech et d’ambassadeur du Maroc aux Émirats arabes unis. Un univers familial qui accompagne les premières années de celle qui choisira, elle aussi, la voie juridique avant d’embrasser une carrière politique.

Après une partie de sa scolarité effectuée dans les établissements de la mission française à Marrakech, elle s’oriente vers des études de droit. Elle obtient en 1998 une licence en droit privé à l’Université Mohammed V, avant de poursuivre sa formation en France. L’année suivante, elle décroche un diplôme d’études approfondies en droit des contrats d’affaires à l’Université de Montpellier. Elle complète ensuite son cursus aux États-Unis par une formation consacrée au droit des affaires anglo-saxon.

Revenue au Maroc, Fatima Ezzahra El Mansouri choisit naturellement la robe d’avocate. Elle fait ses premières armes dans le monde juridique, notamment à Casablanca, avant de revenir dans sa ville natale. Inscrite au barreau de Marrakech en 2005, elle exerce principalement dans des domaines liés au droit des affaires et aux transactions commerciales et immobilières.

Mais c’est à la fin des années 2000 que sa trajectoire prend une tout autre dimension.

L’émergence du Parti authenticité et modernité, fondé en 2008, ouvre une nouvelle séquence dans sa carrière. El Mansouri rejoint la jeune formation politique et s’engage rapidement dans la bataille des élections communales. Quelques mois suffisent alors pour la faire passer du barreau à l’une des fonctions électives les plus exposées du pays.

Le 23 juin 2009, à seulement 33 ans, elle est élue à la tête du Conseil communal de Marrakech. Son nom s’impose brusquement sur la scène politique nationale. Dans une ville au rayonnement international et à la forte charge symbolique, son élection constitue également une étape marquante pour la représentation féminine dans les institutions locales marocaines.

Durant six années, de 2009 à 2015, Fatima Ezzahra El Mansouri dirige la ville ocre. Cette expérience lui permet de bâtir une implantation locale tout en consolidant progressivement sa position au sein du PAM. La jeune avocate devenue maire entre alors dans une nouvelle phase de son ascension : celle de la politique nationale.

En 2011, elle fait son entrée à la Chambre des représentants. À l’expérience de la gestion municipale vient ainsi s’ajouter celle du Parlement, tandis que son influence au sein du Parti authenticité et modernité ne cesse de s’affirmer.

Au fil des années, El Mansouri gravit les échelons de sa formation politique jusqu’à accéder à la présidence de son Conseil national, l’une des principales instances du parti. Elle s’installe ainsi durablement parmi les figures de premier plan du PAM.

Après avoir quitté la mairie de Marrakech en 2015, elle effectue un retour remarqué six ans plus tard. À l’issue des élections communales de septembre 2021, elle retrouve la présidence du Conseil communal de Marrakech. Douze ans après sa première accession à cette fonction, la responsable politique reprend ainsi les commandes de sa ville natale.

Son retour à la mairie ne constitue pourtant qu’une étape d’une année 2021 particulièrement décisive.

Le 7 octobre 2021, le roi Mohammed VI la nomme ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville au sein du gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch. Elle fait alors son entrée dans l’Exécutif avec un portefeuille stratégique couvrant aussi bien la politique du logement que l’urbanisme et l’aménagement territorial.

Pour l’ancienne avocate, passée par la gestion communale et le Parlement, l’expérience gouvernementale complète désormais un parcours institutionnel déjà particulièrement dense. Parallèlement à ses fonctions ministérielles, son poids au sein du PAM continue de croître.

En février 2024, le cinquième congrès national du Parti authenticité et modernité marque une nouvelle étape. La formation opte pour une direction collégiale confiée à Fatima Ezzahra El Mansouri, Mohamed Mehdi Bensaid et Salaheddine Aboulghali, avec El Mansouri comme coordinatrice. Elle se retrouve dès lors au cœur de la direction politique du parti et de sa préparation aux prochaines échéances électorales.

À mesure que se rapproche le scrutin législatif de 2026, son nom devient indissociable de la stratégie du PAM. L’échéance du 23 septembre 2026 vient bouleverser la configuration politique issue des précédentes élections.

Le Parti authenticité et modernité arrive en tête du scrutin avec 97 sièges à la Chambre des représentants, devant les autres formations politiques. Le résultat place alors le PAM en position centrale dans la nouvelle configuration parlementaire. Six jours plus tard, la trajectoire entamée dans les prétoires de Marrakech près de deux décennies auparavant atteint son point culminant.

Le 29 septembre 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri est reçue par le roi Mohammed VI. Le Souverain la nomme cheffe du gouvernement et la charge de former le nouvel Exécutif, conformément aux dispositions constitutionnelles. À 50 ans, l’ancienne avocate de Marrakech devient ainsi la première femme de l’histoire du Maroc à accéder à la fonction de cheffe du gouvernement.

Cette nomination donne une dimension historique à un parcours déjà jalonné de responsabilités de premier plan. Du barreau de Marrakech à la présidence de sa commune, des bancs de la Chambre des représentants aux fonctions ministérielles, puis de la direction du PAM à la Primature, Fatima Ezzahra El Mansouri aura progressivement occupé presque tous les échelons majeurs de la vie politique et institutionnelle.

Sa vie privée, elle, est restée nettement plus en retrait. Mère de deux enfants, Fatima Ezzahra El Mansouri a rarement fait de sa situation familiale un élément de sa communication publique, privilégiant une présence médiatique essentiellement centrée sur ses responsabilités politiques et institutionnelles. Les informations publiées au fil des années sur sa situation matrimoniale étant contradictoires, elles ne permettent pas d’établir avec suffisamment de certitude sa situation actuelle.

De Marrakech, où elle voit le jour en 1976, au siège de la chefferie du gouvernement cinquante ans plus tard, son itinéraire raconte ainsi une progression construite par étapes : le droit d’abord, la politique locale ensuite, puis le Parlement, les responsabilités partisanes et gouvernementales.

Le 29 septembre 2026 ouvre désormais un nouveau chapitre de ce parcours. Après avoir dirigé Marrakech, siégé au Parlement, occupé un portefeuille ministériel et pris les commandes politiques du PAM, Fatima Ezzahra El Mansouri est désormais appelée à conduire l’action gouvernementale du Royaume et à former la nouvelle majorité issue des urnes.

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