Le parquet général près la Cour d’appel de Tanger a annoncé l’interpellation de cinq personnes dans le cadre de l’enquête ouverte après la découverte d’un individu en possession d’un sac contenant des bulletins de vote.
Selon un communiqué du procureur général du Roi, les personnes interpellées comprennent deux présidents de bureaux de vote, leurs deux adjoints ainsi qu’un cinquième suspect.
Quatre d’entre elles ont été présentées samedi devant le parquet, tandis que la cinquième demeure placée en garde à vue. Elle devrait être déférée devant le ministère public à l’issue de cette mesure.
D’après les premiers éléments de l’enquête communiqués par le parquet, l’homme retrouvé en possession du sac était adjoint au président d’un bureau de vote. Il est soupçonné d’avoir soustrait plusieurs bulletins à l’intérieur du bureau avec l’aide de son président, avant de les placer dans un sac et de les faire sortir de l’établissement scolaire abritant le centre de vote.
Les bulletins auraient ensuite été réintroduits dans deux bureaux de vote, en coordination avec les autres personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’affaire.
Le parquet indique également que les investigations ont révélé que l’encre utilisée sur les bulletins saisis était différente de celle employée dans les bureaux de vote concernés.
Au regard des premiers résultats de l’enquête, le ministère public a demandé au juge d’instruction d’ouvrir une information judiciaire à l’encontre des personnes concernées, avec placement en détention provisoire, pour des soupçons portant notamment sur des atteintes aux opérations électorales, des faits de falsification et la participation à ces actes.
Le procureur général du Roi a assuré que les investigations se poursuivraient afin de déterminer l’ensemble des circonstances entourant l’affaire et d’identifier toutes les personnes susceptibles d’y être impliquées, « quels que soient leur qualité ou leur statut », tout en soulignant que la loi serait appliquée avec rigueur.
L’affaire avait éclaté mercredi, jour du scrutin, à l’école Al-Qods, relevant de l’arrondissement Souani à Tanger. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux avaient montré une situation tendue à l’intérieur du centre de vote après la découverte d’un individu qui aurait été en possession de sacs contenant des bulletins.
Des informations diffusées à ce moment-là affirmaient que certains bulletins portaient une marque en faveur du Parti authenticité et modernité (PAM). Ce point ne figure toutefois pas parmi les éléments établis dans le communiqué du parquet cité ici et doit donc être distingué des conclusions de l’enquête judiciaire.
Dans une affaire connexe, le parquet général de Tanger avait également annoncé l’ouverture d’une enquête après la diffusion d’une vidéo montrant une urne transparente contenant plusieurs enveloppes blanches, afin « d’établir la réalité des faits et d’en tirer les conséquences juridiques ».
De son côté, la direction collégiale du PAM avait rejeté les accusations ayant circulé autour des événements survenus dans la circonscription de Tanger-Ville. Le parti avait qualifié la polémique de « campagne malveillante et fabriquée » et dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de le prendre pour cible.
L’enquête judiciaire devra désormais déterminer précisément les responsabilités et établir la portée des faits reprochés aux différents suspects.






