À l’issue d’une réunion extraordinaire présidée par son secrétaire général, Abdelilah Benkirane, le secrétariat général du Parti de la Justice et du Développement (PJD) a annoncé sa position concernant les résultats provisoires des élections législatives du 23 septembre. Le parti a confirmé qu’il poursuivra l’exercice de ses rôles politiques et constitutionnels depuis les rangs de l’opposition, tout en confiant au Conseil national la décision finale concernant la prochaine étape.
Dans un communiqué publié ce vendredi 25 septembre, le parti a précisé que la réunion était consacrée à l’examen des résultats provisoires annoncés et aux réalisations du parti durant ce scrutin, ainsi qu’à plusieurs observations liées au déroulement du processus électoral. Il a notamment pointé du doigt ce qu’il a qualifié d’usage massif de l’argent pour influencer les électeurs, ainsi que les perturbations ayant entaché la remise des procès-verbaux des bureaux de vote aux représentants des listes de candidats.
Selon le communiqué, le secrétariat général a salué le déroulement général de la gestion des élections et s’est félicité de la réactivité des autorités compétentes face aux plaintes déposées par le parti durant le processus. Il a également exprimé ses remerciements aux citoyennes et citoyens ayant participé au scrutin, et tout particulièrement à ceux qui ont voté pour le PJD.
Le parti s’est dit fier des résultats provisoires annoncés, qui lui ont permis d’obtenir 54 sièges parlementaires, estimant que cela représente plus du quadruplement de son nombre de sièges par rapport aux élections précédentes. Le secrétariat général a également estimé que ces résultats témoignent, selon sa lecture, du recouvrement par le parti de son assise électorale dans plusieurs grandes et moyennes villes, en plus de l’obtention de sièges dans des circonscriptions à caractère rural.
Le communiqué a en outre souligné la victoire des membres du secrétariat général candidats à ces élections — à l’exception d’un seul —, arrivés en tête avec de larges écarts sur leurs concurrents, ce qu’il considère comme un indicateur de la continuité de sa présence sur la scène politique et électorale nationale.
Le secrétariat général a lié ces résultats au travail continu du parti durant ses années dans l’opposition et à la campagne électorale qu’il a menée, caractérisée selon lui par « la propreté ainsi qu’une élévation politique et organisationnelle », outre l’aspiration des électeurs à une action politique et de gestion intègre et responsable.
Dans le même contexte, le parti a salué le rôle joué par le secrétaire général Abdelilah Benkirane durant la campagne électorale, notamment à travers ses tournées dans plusieurs villes et villages du Royaume et l’encadrement de meetings et d’activités électorales. Il a également mis en avant la participation organisationnelle et militante de ses militants, de ses candidats et de ses différentes instances centrales et locales.
Le secrétariat général a estimé que l’un des principaux acquis de ces élections, au-delà des résultats obtenus, réside dans le recouvrement par le parti de sa « dynamique militante » et le renouvellement de la mobilisation au sein de ses rangs, appelant à poursuivre le travail en vue des prochaines échéances électorales.
En revanche, le parti a exprimé son regret face au taux de participation enregistré, qualifié de plus bas depuis 2007. Selon le communiqué, le parti attribue cette situation à la « dépréciation de l’action politique et partisane », aux faibles performances du gouvernement, ainsi qu’au phénomène de nomadisme politique qui a précédé les élections et aux scénarios promus concernant la présidence du gouvernement.
Le parti a également adressé des critiques au système électoral, estimant que les résultats ont révélé des dysfonctionnements qu’il avait préalablement soulevés, notamment la suppression du seuil et le quotient électoral. Il affirme que cela l’a privé de sièges supplémentaires dans plusieurs circonscriptions locales, dont Skhirate-Témara, Meknès, Salé-Médina, Salé-El Jadida, Tanger, ainsi que Fès-Sud et Fès-Nord.
Le secrétariat général s’est aussi arrêté sur le système des listes régionales, estimant qu’il s’est répercuté négativement sur les résultats du parti par rapport à l’ancien système de la liste nationale.
Sur un autre plan, le parti a soulevé la question du nombre de bureaux de vote, ayant dépassé 40 000 selon le communiqué, estimant que cela rend difficile la couverture de l’ensemble des bureaux par les partis politiques et ouvre la voie à des infractions complexes à documenter.
Le PJD a affirmé que certaines autorités et présidents de bureaux de vote ont refusé de remettre immédiatement les procès-verbaux des opérations électorales aux représentants des listes de candidats, considérant cela comme une violation des dispositions légales. Il a annoncé son intention de porter plainte devant la justice contre les présidents de bureaux ayant refusé de délivrer des copies des procès-verbaux, estimant qu’il s’agit d’infractions punies par la loi.
Concernant le positionnement du parti pour la prochaine étape politique, le secrétariat général a indiqué que sa lecture des résultats annoncés le conduit à considérer que la « place naturelle du parti » est de continuer à exercer ses rôles constitutionnels, politiques et militants depuis les rangs de l’opposition nationale, tout en poursuivant la défense des constantes nationales et des causes des citoyennes et citoyens.
Le secrétariat général a conclu son communiqué en annonçant sa décision de convoquer un Conseil national extraordinaire afin de délibérer sur les résultats des élections de la Chambre des représentants et de prendre la décision appropriée à ce sujet, confiant ainsi la décision finale concernant la position organisationnelle et politique du parti pour la phase à venir à l’arbitrage du Conseil national.
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