Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), a écarté la participation de sa formation à un gouvernement qui serait dirigé par le Parti authenticité et modernité (PAM), au lendemain des élections législatives.
Lors d’une réunion du secrétariat général du PJD tenue ce jeudi matin, Benkirane a rappelé que la décision formelle sur une éventuelle participation gouvernementale revenait au Conseil national du parti, dont la réunion est prévue samedi prochain. Il a toutefois laissé entendre que, de son point de vue, la question était déjà tranchée. « Je pense que nous n’aurons même pas besoin de tenir ce Conseil en présentiel, puisque la question est réglée », a-t-il déclaré.
Le dirigeant du PJD a ensuite été plus catégorique : « Ma conviction est claire : la question de notre participation à ce gouvernement qui sera dirigé par le PAM ne se pose pas. C’est une position logique, autrement nous tomberions dans l’incohérence. » Benkirane a également formulé de graves accusations concernant le déroulement du scrutin, mettant en cause des acteurs partisans dans des irrégularités présumées liées aux urnes à Tanger et évoquant la possibilité que de tels faits aient pu se produire dans d’autres circonscriptions. Ces affirmations relèvent des déclarations du secrétaire général du PJD et ne constituent pas, à elles seules, l’établissement de faits de fraude.
Il a par ailleurs estimé qu’un gouvernement dirigé par le PAM « ne réussira pas », tout en précisant que ses relations personnelles avec Fouzi Lekjaa resteraient cordiales dans l’hypothèse où celui-ci serait appelé à diriger le gouvernement. Pour Benkirane, la perspective privilégiée est désormais celle d’un maintien du PJD dans l’opposition. « Je ne vois pas d’autre avenir que celui de poursuivre notre rôle dans l’opposition avec toute la force nécessaire », a-t-il affirmé.
Le secrétaire général du PJD s’est également félicité de la progression électorale revendiquée par son parti, passé, selon les résultats cités, de 13 sièges lors de la précédente législature à 54 sièges à l’issue du scrutin du 23 septembre.
Au-delà du nombre de sièges, Benkirane considère que la campagne a permis au PJD de remobiliser ses militants et ses cadres, notamment dans les villages, les petites villes et les zones rurales. Il y voit « un nouveau souffle » pour le parti après la lourde défaite électorale de 2021. Selon lui, le PJD est ainsi parvenu à tourner la page des résultats de 2021 et entend poursuivre son action politique depuis les rangs de l’opposition.






