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Refonte du système des visas Schengen : Bruxelles bouscule les règles, le Maroc dans l’attente

Obtenir le sésame pour l’espace Schengen relève de l’épreuve de force pour les citoyens marocains. Entre tracasseries administratives et investissements financiers à fonds perdu, le constat est partagé. Consciente des crispations générées par les refus en série, l’Union européenne planche sur une refonte globale de sa politique de court séjour.

Au menu des discussions : un traitement de faveur pour les voyageurs fidèles et les entreprises, mais aussi la perspective d’une facture alourdie. Un dossier hautement stratégique pour le Royaume qui, avec près de 620 000 dossiers déposés en 2025, occupe la cinquième place mondiale des demandeurs.

Le calendrier de la réforme

L’exécutif européen a ouvert le bal le 8 septembre dernier via une consultation publique s’étirant jusqu’au 6 octobre. L’objectif est de sonder le terrain avant de remodeler le Code européen des visas.

Si le calendrier prévisionnel table sur une proposition législative au premier trimestre 2027, le soufflé doit retomber : aucune disposition concrète n’a encore force de loi. Les conditions actuelles restent de mise pour tout candidat au départ.

Ce qui se trame à Bruxelles

Les pistes esquissées par la Commission européenne dessinent un paysage à double vitesse :

Le risque d’une surcharge tarifaire : L’instauration d’une contribution financière additionnelle est sur la table. Si son montant reste un mystère, la taxe de base est pour l’instant maintenue à 90 euros par adulte.

Le pari des entrées multiples : L’UE veut fluidifier le parcours des voyageurs réguliers et de confiance, en leur ouvrant l’accès à des visas de longue durée selon des critères à définir.

Un label pro pour les entreprises : Les salariés de structures préalablement accréditées pourraient échapper aux galères de rendez-vous, profitant de files d’attente prioritaires et de formalités allégées.

La pilule amère des refus et des coûts
Pour le grand public, la peur du gâchis financier reste le nerf de la guerre. Dossier validé ou rejeté, les frais s’accumulent (frais de consulat, intermédiaires, assurances, réservations) et ne sont jamais remboursés en cas d’échec.

Les chiffres officiels de l’année 2025 rappellent la dure réalité du terrain : sur 619 827 demandes formulées au Maroc, 114 320 se sont soldées par un refus, soit un taux de rejet de 19,2 %.

Le chantier est donc à peine esquissé. Entre la fin de la consultation et l’adoption définitive du texte par les instances européennes, l’eau coulera sous les ponts. Les voyageurs devront patienter avant de voir les lignes bouger.

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