Dans un entretien accordé au magazine Jeune Afrique, Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, membre du bureau politique du Parti Authenticité et Modernité (PAM) et président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), détaille son engagement politique, les ambitions du parti pour le scrutin du 23 septembre 2026, la préparation du Mondial 2030 et les grands dossiers de la diplomatie sportive.
Fouzi Lekjaa précise que son adhésion au PAM relève d’un choix personnel et logique, mûri après plusieurs années au sein de l’exécutif et au contact du Parlement, écartant toute instruction ou arrangement préalable. Il rappelle l’objectif central du parti : décrocher la première place aux législatives du 23 septembre — après deuxièmes places en 2016 et 2021 — afin de conduire le futur gouvernement. À cet égard, il rejette l’étiquette d’un parti proche du Palais, soulignant la stricte neutralité de l’Institution monarchique vis-à-vis de l’ensemble de l’échiquier politique. Face au risque d’abstention, le PAM place le pouvoir d’achat au cœur de son programme, défendant un élargissement de l’État social à travers une école publique de qualité, un système de santé performant et l’insertion des jeunes. Interrogé sur les affaires judiciaires ayant touché certains membres du parti, il appelle à renforcer la détection précoce des déviances individuelles et à appliquer une stricte redevabilité politique.
Évoquant l’organisation conjointe de la Coupe du Monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal, le président de la FRMF y voit l’aboutissement de deux décennies d’investissements stratégiques sous la conduite du Roi Mohammed VI. Cette échéance permettra notamment d’accélérer les délais de livraison des grands projets d’infrastructures et de transports, comme l’extension du réseau TGV, le réseau autoroutier et les aéroports. Le Maroc, qui représente le continent africain dans cette candidature tripartite, entend maintenir fermement sa légitimité à abriter la grande finale au Stade Hassan II de Benslimane.
Sur la question du cumul des mandats et de sa méthode de travail, Lekjaa affirme appliquer la même rigueur de gestion au ministère du Budget et à la fédération, mettant en avant la consolidation des finances publiques et le doublement des recettes de l’État. Il rappelle que l’engagement politique d’un dirigeant sportif demeure conforme aux statuts internationaux, dès lors que la décision sportive reste totalement préservée de l’ingérence politique. Sur le plan contentieux, alors que le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) tiendra sa première audience le 8 octobre concernant le recours de la sélection sénégalaise après la finale de la CAN 2025, le Maroc aborde cette étape avec sérénité, estimant que l’abandon de terrain constitue une violation manifeste du règlement sportif. Enfin, concernant la gouvernance du football mondial, Lekjaa inscrit son soutien au président de la FIFA, Gianni Infantino, dans le cadre d’un partenariat axé sur l’équilibre institutionnel et le développement des infrastructures en Afrique.






