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À Tifelt Akhannouch défend les choix du gouvernement et répond aux critiques du PAM

Aziz Akhannouch, chef du gouvernement et ancien président du Rassemblement national des indépendants (RNI), a défendu la décision du gouvernement d’ouvrir les importations de moutons et de viandes rouges au cours des dernières années, estimant que les conditions climatiques difficiles et la succession des années de sécheresse avaient imposé des mesures exceptionnelles afin de préserver l’équilibre du marché et le cheptel national.

S’exprimant ce vendredi lors d’une rencontre organisée par le RNI à Tiflet, Akhannouch a rappelé que le Maroc avait été confronté ces dernières années à une série de crises et de circonstances exceptionnelles, tant sur le plan national qu’international. Selon lui, le gouvernement a privilégié une approche pragmatique visant à gérer cette conjoncture et à répondre aux besoins des citoyens.

Le chef du gouvernement a expliqué que la décision d’importer des moutons avait été prise dans un contexte délicat, à l’approche de l’Aïd Al-Adha, alors que la sécheresse avait entraîné une baisse des effectifs du cheptel national et fragilisé les éleveurs.

Selon Akhannouch, le gouvernement se trouvait alors face à deux options : renoncer au sacrifice de l’Aïd Al-Adha ou trouver une source alternative permettant d’approvisionner le marché marocain en moutons. C’est dans ce contexte, a-t-il expliqué, que le recours aux importations a été décidé.

Il a souligné que le Maroc n’avait auparavant pas pour habitude d’importer des moutons pour répondre aux besoins du marché national, mais que la situation du secteur de l’élevage, particulièrement affecté par la sécheresse, avait rendu cette option nécessaire.

L’ouverture des importations a également fait émerger de nouveaux opérateurs dans ce secteur, qui ne comptait pas, selon son récit, d’investisseurs spécialisés dans l’importation de moutons et de viandes rouges. Le gouvernement a alors instauré une aide de 500 dirhams par tête de mouton importée, parallèlement aux différentes procédures de contrôle appliquées au cheptel à son entrée sur le territoire.

D’après Akhannouch, environ 800 000 moutons ont été introduits au Maroc dans le cadre de cette opération. Des quantités supplémentaires ont ensuite été importées après la période de l’Aïd Al-Adha afin de continuer à approvisionner le marché national.

Abordant l’état du cheptel national, le chef du gouvernement a expliqué que la persistance de la sécheresse avait aggravé les dommages subis par le secteur de l’élevage, au point de risquer de compromettre la capacité du cheptel à se renouveler et à se reproduire.

Dans ce contexte, Akhannouch a estimé que la décision du roi Mohammed VI de ne pas procéder au sacrifice de l’Aïd Al-Adha l’année suivante avait été pertinente au regard de la situation du cheptel national.

Il a ajouté que les conditions climatiques s’étaient ensuite améliorées grâce au retour des précipitations, avant que le gouvernement ne lance un programme de soutien aux éleveurs. Selon lui, environ 1,2 million d’éleveurs ont bénéficié d’une aide directe calculée en fonction du nombre de têtes de bétail. Cette opération, associant les départements de l’Agriculture, des Finances et de l’Intérieur, a notamment nécessité le recensement du cheptel, l’identification des bénéficiaires et l’évaluation du coût financier du dispositif.

Répondant aux critiques visant la gestion du dossier des importations de moutons, Akhannouch a reconnu que certains dysfonctionnements ou irrégularités avaient pu se produire. Il a toutefois estimé que ceux-ci ne remettaient pas en cause, selon lui, les bénéfices tirés par les citoyens des mesures adoptées par le gouvernement durant cette période.

Il a assuré que les efforts actuellement déployés visaient à reconstituer progressivement le cheptel national et à rétablir son équilibre, considérant que la situation évoluait désormais vers un redressement après les dommages provoqués par plusieurs années de sécheresse.

Akhannouch s’est également attardé sur la polémique politique entourant les importations de moutons et les aides accordées aux importateurs, critiquant ce qu’il considère comme une tentative du Parti authenticité et modernité (PAM) d’exploiter politiquement ce dossier.

Il a affirmé que le gouvernement avait, dès le départ, fait part de la disponibilité de ses ministres à fournir l’ensemble des informations relatives à cette affaire. Il a rappelé qu’une première position avait été prise en faveur d’une non-participation à une commission d’enquête, avant que le président du groupe parlementaire du PAM ne décide par la suite de rejoindre l’initiative.

Interrogé sur les critiques formulées par Fouzi Lekjaa à propos de ce dossier, Akhannouch a répondu directement : « Est-ce moi qui importe ? La question n’est pas importante. » Selon lui, le débat devrait plutôt porter sur les bénéfices que les citoyens ont retirés des mesures gouvernementales et sur les résultats des dispositions prises pour préserver le cheptel national.

Le chef du gouvernement a enfin assuré que l’exécutif ne s’opposait pas au principe de la création d’une commission d’enquête si l’opposition persistait dans cette démarche, précisant que les ministres étaient disposés à fournir les informations et les documents relatifs au dossier.

Il a toutefois critiqué la manière dont certains groupes parlementaires ont abordé cette initiative, s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles ils ne s’y étaient pas associés dès le départ avant de la relancer à la fin de la législature. Une démarche qui a, selon lui, conféré une dimension politique à un dossier qui aurait nécessité un débat institutionnel serein.

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