Rachid Talbi Alami, membre du bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI), a affirmé que son parti ne comptait pas s’engager dans des réponses à ce qu’il a qualifié de « futilités et d’absurdités », estimant que la responsabilité politique exige de faire preuve de clarté et d’assumer les conséquences des positions et des décisions prises.
S’exprimant lors d’une rencontre partisane organisée ce jeudi à Tiflet, dans la province de Khémisset, Talbi Alami a expliqué que les démarches lancées par le RNI, notamment le « Parcours de la confiance » et le « Parcours de l’avenir », n’étaient pas le fruit de décisions prises dans les bureaux du parti, mais résultaient, selon lui, d’un vaste processus d’écoute des citoyens.
Dans le cadre de cette dynamique, le parti aurait recueilli les avis de près de 300 000 citoyennes et citoyens afin d’identifier leurs attentes, leurs propositions et leurs besoins, avant de les traduire en une plateforme et en orientations politiques ayant servi de socle à l’élaboration de ces démarches.
Le dirigeant du RNI a insisté sur le fait que les orientations et les initiatives de son parti reposaient sur une base populaire et ne constituaient pas de simples idées élaborées « dans des bureaux climatisés ». Il a également assuré que les engagements pris devant les citoyens avaient, selon l’évaluation du parti, été concrétisés sur le terrain.
Réagissant au Parti authenticité et modernité (PAM) et à son slogan appelant à « changer de cap », Talbi Alami s’est interrogé sur les fondements de cette proposition et sur l’existence, derrière ce mot d’ordre, d’un véritable travail de terrain, d’une mobilisation populaire, d’une démarche d’écoute des citoyens et d’une vision politique alternative.
Il a souligné que le RNI ne voyait aucun problème à ce qu’une formation politique propose une orientation différente. Il estime toutefois que faire de l’expression « changer de cap » un slogan politique sans présenter de doctrine ou de plateforme précisant la nature de l’alternative proposée soulève, selon lui, plusieurs interrogations.
Talbi Alami a par ailleurs expliqué que plusieurs idées développées par son parti ne sont pas nées de rien, mais se sont également appuyées sur des rapports et des études nationales, notamment ceux liés au cinquantenaire du développement humain et à l’Instance équité et réconciliation (IER), des documents qui ont, selon lui, contribué à façonner plusieurs réflexions sur l’avenir du pays.
Revenant sur le contexte ayant entouré la création du Mouvement pour tous les démocrates, le responsable du RNI a évoqué sa relation avec Aziz Akhannouch, précisant qu’ils figuraient tous deux parmi les fondateurs de cette initiative, qui réunissait, selon son récit, des personnalités issues de différentes sensibilités et tendances politiques.
Il a expliqué que l’une des principales préoccupations ayant réuni les participants à cette expérience était la volonté d’instaurer un climat de confiance au sein de la société, ajoutant que les discussions de l’époque réunissaient des « personnes raisonnables » issues d’horizons divers.
Selon Talbi Alami, les transformations politiques intervenues au cours de cette période ont conduit plusieurs personnes à changer de positionnement, tandis que lui-même et Aziz Akhannouch ont choisi de poursuivre leur parcours au sein du RNI.
Le dirigeant du parti s’est également attardé sur les changements d’affiliation de certaines personnalités et acteurs politiques, s’interrogeant sur leur capacité à conserver la confiance des électeurs. Selon lui, lorsqu’une personne proche d’un parti décide de le quitter pour rejoindre une autre formation, la question de la confiance que les citoyens peuvent continuer à lui accorder se pose nécessairement.
Sur le plan gouvernemental, Talbi Alami a assuré que le RNI ne cherchait pas à se soustraire à sa responsabilité dans la gestion de la période actuelle. Il a souligné que la responsabilité politique implique de reconnaître les décisions prises et d’en assumer les conséquences, plutôt que de s’en désolidariser ou de chercher des justifications.
En outre, Rachid Talbi Alami a appelé à respecter « l’intelligence des Marocains », estimant que les citoyens sont désormais capables de faire la distinction entre un discours politique fondé sur des programmes, un bilan et des engagements concrets, et des slogans dépourvus, selon lui, de fondements clairs ou d’alternatives pratiques.






