Invité de l’émission « Maghareb » sur la plateforme Atheer d’Al Jazeera, Walid Regragui est sorti du silence pour livrer les dessous inédits de son passage à la tête des Lions de l’Atlas. Du choix d’écarter la sélection espagnole par Lamine Yamal au penalty manqué par Brahim Díaz, le technicien marocain lève le voile sur les coulisses de la sélection.
Le « non » catégorique à Halilhodžić
Avant de marquer l’histoire du football marocain au Qatar, Regragui aurait pu intégrer la sélection par une tout autre porte. La Fédération royale marocaine de football (FRMF) lui avait d’abord proposé de devenir l’adjoint de Vahid Halilhodžić, avec la promesse de récupérer le banc après le Mondial.
Un arrangement déontologique refusé tout net par le principal intéressé : « Je refuse de travailler avec quelqu’un pour ensuite prendre sa place ». Un refus payant : quelques semaines plus tard, Fouzi Lekjaa lui offrait les clés du camion, sans intermédiaire.
Quand Lekjaa a bloqué sa démission
L’autre grande révélation de cet entretien concerne l’après-CAN en Côte d’Ivoire. Éliminé dès les huitièmes de finale par l’Afrique du Sud, Regragui considère son objectif manqué et remet immédiatement sa démission à la fédération.
Une démission balayée par Fouzi Lekjaa. Le président de la FRMF refuse de laisser partir son sélectionneur et le convainc de s’inscrire dans la durée :
« Je le remercie aujourd’hui, car il avait raison. Je n’avais travaillé que huit mois après la Coupe du monde au Qatar et je devais aller au bout de mon travail », confie Regragui, qui a sciemment accepté de jouer les paratonnerres face aux critiques médiatiques.
Gestion des hommes : Les dossiers Díaz et Yamal
Au-delà de la politique interne de la fédération, le sélectionneur a clarifié deux épisodes marquants de sa gestion du vestiaire :
La Panenka de Brahim Díaz : Revenant sur ce geste manqué en finale de la CAN 2025, Regragui réfute toute mauvaise intention du joueur. Il pointe du doigt les 15 minutes d’attente imposées par la VAR avant le tir et prend la défense de son attaquant : la responsabilité incombe à l’entraîneur, pas au tireur.
Le dossier Lamine Yamal : Le Maroc a courtisé le prodige catalan pendant plus de deux ans, en impliquant directement sa famille et en lui proposant une place immédiate en équipe A. Lorsque Yamal a finalement fait le choix de la Roja, Regragui a fait preuve d’élégance : « Je lui ai dit qu’il resterait quoi qu’il arrive Marocain. On ne peut pas reprocher à un joueur de choisir son pays de naissance. »






