Le peuple marocain commémorera, ce jeudi, le 73e anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, une étape décisive dans le parcours de la lutte nationale pour la libération du joug colonial et le recouvrement de la souveraineté nationale. Cette épopée historique a incarné l’une des plus belles expressions de la symbiose entre le Trône et le peuple pour la défense des valeurs sacrées de la Nation, de ses constantes et de son identité nationale.
Cette commémoration tire sa place profondément ancrée dans la mémoire nationale du fait qu’elle constitue l’aboutissement d’un long processus de résistance et de lutte nationale mené par les Marocains depuis l’instauration du régime du protectorat en 1912. Face aux ambitions coloniales, les Marocains ont livré de grandes épopées héroïques dans différentes régions du Royaume, notamment lors de la bataille d’El Herri dans le Moyen Atlas en 1914, de la bataille d’Anoual dans le Rif entre 1921 et 1926, de la bataille de Bougafer à Ouarzazate, ainsi que de la bataille de Jbel Baddou à Errachidia en 1933, sans oublier les nombreuses autres pages de la résistance qui ont témoigné de l’attachement des Marocains à leur liberté et de leur refus de la présence coloniale.
Parallèlement à la résistance armée, l’action nationale et politique s’est développée à travers la mobilisation, la diffusion de la conscience nationale et la défense des droits légitimes du peuple marocain, jusqu’à la présentation, le 11 janvier 1944, du Manifeste de l’Indépendance. Celui-ci constitua un tournant décisif dans le parcours de la lutte nationale et illustra l’unité de volonté entre le Trône et le mouvement national dans la revendication de la liberté et de l’indépendance du Maroc.
La visite de l’unité effectuée par feu Sa Majesté le Roi Mohammed V à Tanger, le 9 avril 1947, constitua également une étape majeure dans l’intensification de la lutte nationale. Son discours historique, dans lequel il réaffirma l’aspiration du Maroc à l’indépendance et à l’unité nationale, consacra davantage le rôle du Trône comme porteur des aspirations du peuple marocain et défenseur de sa souveraineté et de son unité.
Face à la montée de la conscience nationale et au renforcement de la solidarité entre le Trône, le mouvement national et le peuple marocain, les autorités du protectorat eurent recours à une politique de répression et de manœuvres, avant de procéder, le 20 août 1953, à l’exil du héros de la Libération et de l’Indépendance, feu Sa Majesté le Roi Mohammed V, ainsi que de la famille royale. Les autorités coloniales pensaient alors que l’éloignement du symbole de la souveraineté nationale permettrait d’éteindre la flamme de la résistance et d’affaiblir l’unité des Marocains.
Cette décision coloniale produisit cependant l’effet inverse. Le peuple marocain se souleva dans différentes régions du Royaume, les actions de résistance et de sacrifice se multiplièrent, les cellules clandestines se constituèrent et les manifestations et protestations s’intensifièrent. L’exil du Souverain devint ainsi une étincelle qui raviva la lutte nationale et renforça davantage les liens étroits entre le Trône et le peuple.
Dans ce contexte, plusieurs patriotes et résistants tombèrent en martyrs pour la patrie. Parmi les figures les plus emblématiques figure le martyr Allal Ben Abdallah, qui mena son opération héroïque le 11 septembre 1953. Le martyr Mohamed Zerktouni et ses compagnons poursuivirent, quant à eux, leurs opérations au sein des cellules de résistance à Casablanca contre les autorités d’occupation, aux côtés de nombreux résistants et combattants dans les différentes villes et campagnes marocaines. Cette dynamique allait finalement aboutir au lancement des opérations de l’Armée de libération dans le Nord du Royaume en octobre 1955.
Face à la détermination du peuple marocain et à l’intensification de la résistance, les autorités coloniales furent contraintes de se soumettre à la volonté du Trône et du peuple. Feu Sa Majesté le Roi Mohammed V et la famille royale regagnèrent ainsi la patrie le 16 novembre 1955, porteurs de la nouvelle de l’indépendance. Le Royaume entra alors dans une nouvelle phase, celle de la construction de l’État indépendant et de l’engagement dans la bataille du djihad al-akbar, consacré au développement économique et social et au renforcement des fondements de la souveraineté nationale.
Le processus de parachèvement de l’intégrité territoriale du Royaume se poursuivit par la suite. Feu Sa Majesté le Roi Hassan II, poursuivant l’œuvre de son père, mena la bataille pour l’achèvement de l’unité territoriale. Sous son règne, Tarfaya fut récupérée le 15 avril 1958, puis Sidi Ifni le 30 juin 1969. Cette dynamique culmina avec l’organisation de la Marche verte victorieuse en 1975, qui constitua une démarche sage et une forme civilisée de lutte pacifique pour la récupération du droit spolié. Elle fut suivie par le départ du dernier soldat étranger du Sahara marocain le 28 février 1976, puis par la récupération de la province d’Oued Eddahab le 14 août 1979.
Si la Révolution du Roi et du Peuple a constitué hier une épopée de libération du colonialisme et de recouvrement de la souveraineté nationale, ses valeurs et ses significations demeurent aujourd’hui pleinement présentes dans la marche du Maroc sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Elles se manifestent notamment à travers la poursuite de la construction d’un Maroc moderne et avancé, la consolidation des fondements du développement économique et social, le renforcement de la position du Royaume aux niveaux régional et international, ainsi que la défense de son intégrité territoriale et de ses intérêts supérieurs.
Cette commémoration nationale constitue une occasion de rappeler les enseignements profonds de cette épopée, au premier rang desquels figurent les valeurs de patriotisme, de sacrifice, de fidélité et d’attachement aux constantes et aux valeurs sacrées de la Nation. Elle invite également à s’inspirer de son esprit pour poursuivre le processus de construction et de développement et défendre les intérêts supérieurs du Royaume, dans un esprit qui illustre la continuité de la forte symbiose entre le Trône et le peuple, laquelle a constitué, tout au long de l’histoire moderne du Maroc, l’un des fondements de la préservation de son unité, de sa stabilité et de sa souveraineté.
La Révolution du Roi et du Peuple, avec les épopées et les sacrifices qu’elle porte en elle, demeure ainsi une composante essentielle de la mémoire historique nationale et une référence pour les générations successives. Elle rappelle les victoires remportées par les Marocains, sous la conduite du glorieux Trône alaouite, dans leur combat pour la liberté, l’indépendance et l’unité, et invite les nouvelles générations à s’inspirer de ces valeurs pour construire l’avenir du Royaume, consolider ses acquis et renforcer son rayonnement.






