L’Audience nationale espagnole affine son instruction sur les arrivées simultanées de migrants enregistrées les 30 et 31 juillet derniers à Ceuta. La magistrate María Tardón a officiellement demandé à la Garde civile un rapport circonstancié visant à déterminer si des éléments d’information ou des signaux d’alerte avaient été identifiés en amont de ces événements.
Cette initiative judiciaire fait suite à une plainte déposée par la formation politique Iustitia Europa. Le recours sollicite l’ouverture d’investigations sur de présumées atteintes à la sûreté de l’État, des faits de traite d’êtres humains, d’aide à l’immigration irrégulière, ainsi que sur la possible implication de réseaux criminels organisés.
L’ordonnance du tribunal exige notamment un état des lieux des moyens sécuritaires et des opérations de sauvetage menées dans les eaux territoriales, l’identification formelle des personnes secourues, ainsi qu’un suivi rigoureux de l’enregistrement des causes de décès. En parallèle, le Commissariat général aux étrangers et aux frontières a été sollicité afin d’établir si ces franchissements massifs répondent à une planification criminelle structurée.
Face aux interrogations, le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a précisé que le renseignement national n’avait pas émis d’alerte préalable quant à une opération d’une telle ampleur. Le responsable gouvernemental a toutefois rappelé la réception de signalements saisonniers faisant état d’une recrudescence usuelle des tentatives de traversée en période estivale, une dynamique qui aurait été accentuée par une récente jurisprudence de la Cour suprême proscrivant le refoulement immédiat des personnes arrivant à la nage.






