Une grande confusion s’est emparée du marché des carburants au Maroc, après l’annulation soudaine de la hausse des prix qui devait entrer en vigueur dans la nuit de vendredi à samedi. Selon des données circulant au sein du secteur, cette augmentation devait avoisiner deux dirhams par litre de essence et de gasoil, provoquant une forte ruée vers les stations-service dans plusieurs villes.
Des employés de plusieurs stations ont indiqué, samedi matin, que les prix n’avaient subi aucune modification. Ils ont confirmé n’avoir reçu aucune notification ni directive pour appliquer la hausse prévue, bien que son adoption semblait quasiment acquise dans les milieux professionnels au cours des heures précédentes.
D’après les mêmes sources, les systèmes d’affichage électronique des prix dans les stations ont continué de fonctionner avec les anciens tarifs. Cela a renforcé le flou entourant les motifs de ce revirement de dernière minute, survenu en l’absence de toute explication officielle ou professionnelle.
L’imminence de cette hausse avait poussé, vendredi soir, un grand nombre d’automobilistes à se ruer vers les stations-service pour faire le plein avant l’application des nouveaux tarifs, provoquant de longues files d’attente et d’importants encombrements.
Face à cet afflux, certaines stations ont préféré suspendre temporairement la vente ou fermer leurs portes en attendant de recevoir la nouvelle grille tarifaire. Cette situation a suscité la colère de nombreux citoyens qui n’ont pas pu s’approvisionner en carburant à ce moment-là.
Les répercussions se sont étendues à la circulation routière dans plusieurs villes, où des embouteillages ont nécessité l’intervention des forces de l’ordre pour réguler le trafic. Ce fut notamment le cas à la station « Carrefour » de Salé, où un fort engorgement de véhicules a requis l’intervention de la police pour rétablir la fluidité.
Ces événements ont relancé le débat sur les prix des carburants et les marges bénéficiaires des sociétés de distribution. La perspective de cette hausse a en effet suscité une vive vague de critiques sur les réseaux sociaux, dans un contexte marqué par la pression continue sur le pouvoir d’achat des ménages marocains.
Ce rebondissement intervient dans une conjoncture délicate, coïncidant avec les réactions suscitées par les récents événements à Fnideq et aux environs de Ceuta, ce qui a démultiplié l’attention portée aux rumeurs d’augmentation du carburant.
Jusqu’à ce samedi matin, aucun organisme officiel ni aucune société de distribution de carburant n’a publié de clarification sur les raisons de l’annulation de cette hausse, ni précisé s’il s’agissait d’un report temporaire ou d’un abandon définitif. Professionnels et consommateurs restent ainsi dans l’attente de ce que révéleront les prochaines heures.






